“Aït Ahmed vous salue”

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Il a incontestablement volé la vedette aux autres intervenants, lors du meeting tenu par le FFS, hier au théâtre régional Kateb Yacine de Tizi-Ouzou.

Il s’agit de Mohand Amokrane Cherifi, le président du comité d’éthique au sein de la formation d’Aït Ahmed. Pourtant, les autres intervenants n’étaient pas des moindres. Il y avait le premier secrétaire du parti, Ali Laskri, le Fédéral de la wilaya de Tizi-Ouzou, Farid Bouaziz, Moussa Tamadartaza, tête de liste à l’APW pour la prochaine élection et la députée d’Alger, Hayat Layati. C’est que Mohand Amokrane, qui est aussi coordinateur de l’Alliance mondiale des villes contre la pauvreté dans le cadre du programme des Nations unies pour le développement (PNUD), et président de l’Association des fonctionnaires internationaux algériens, a su captiver l’attention grâce à un discours nonchalant et humoristique. Mohand Amokrane Cherifi a assuré à l’occasion de son intervention que Hocine Aït Ahmed allait bien : «  Avant de venir ici, j’ai rencontré Aït Ahmed, car en tant que président du comité d’éthique du parti, je devais avoir son autorisation pour venir ici. Il va bien. Il m’a d’ailleurs chargé de vous saluer et de vous transmettre son bonjour », a-t-il lancé à l’assistance qui l’a longtemps ovationné. L’ancien ministre du Commerce a parsemé son intervention d’anecdotes fortes de sens, comme lorsqu’il évoqua ses souvenirs de l’année 1993. Il raconta avoir été invité par feu Mehri à un colloque organisé par le FLN. Il avait répondu à l’invitation naïvement, sans  prendre le soin de consulter qui que ce soit. Le lendemain, dit-il, il sut qu’une autre interprétation qui a été donnée à sa participation. Cela lui a valu un avertissement de la part du FFS. C’était pour lui une façon de dire à la nouvelle génération de politiciens, que la politique a ses critères et son règlement. Durant son exposé Cherifi a donné une véritable leçon de gestion. Un savoir-faire qu’il a acquis à travers sa longue expérience dans le domaine, grâce aux différentes missions qu’il a assurées au sein de l’ONU. Il donna ainsi l’exemple de la Colombie où, a-t-il dit, ce sont les responsables municipaux qui se déplacent dans les quartiers. Il se désolera du fait qu’en Algérie, et particulièrement à Tizi-Ouzou, il faille un temps infini pour obtenir un simple extrait de naissance. «  Nous pouvons faire comme la Colombie, pourquoi pas ! », a-t-il proposé. Cherifi a par ailleurs plaidé pour la décentralisation, pour une gestion transparente et pour l’autonomie financière et administrative des communes. L’orateur a d’ailleurs révélé que le FFS avait fait une proposition au pouvoir pour dégager une commune pilote, n’importe où à travers le pays, pour essayer ce mode de gestion faisant donnant à la mairie une complète autonome, mais en vain. «  L’Etat n’a pas confiance en ses élus, comment voulez vous que les autres pays aient confiance en nous ? », a-t-il ironisé. Visiblement surpris par la nombreuse foule qui a envahi le théatre, une foule qui est resté très attentive, Cherifi dira que dès qu’il reverra Aït Ahmed, il le rassurera en lui disant : « le FFS va bien ». Prenant à son tour la parole, Ali Laskri abondera dans le même sens en plaidant la nécessité de rétablir la confiance entre le gouvernant et le peuple. « C’est dans cet objectif que le FFS œuvre », dira le premier secrétaire national. Pour ce faire, explique-t-il, il va falloir réhabiliter le FFS à l’occasion des élections locales de 29 novembre prochain. Pour Laskri le changement s’impose dans le pays : « cela ne peut plus durer. Les choses doivent changer », dira-t-il en affirmant toutefois que le changement doit se faire d’une manière pacifique. Le premier secrétaire national du FFS n’a pas manqué en passant, d’égratigner la commission nationale de surveillance des élection qui a manqué à son sens, de crédibilité et de sérieux, lui reprochant le retard qu’elle a pris pour son installation et pour l’attribution des numéro pour les partis :  « On a changé trois fois de numéro. Pour nous, ils nous ont d’abord attribué le 8, puis le 20 avant de se fixer sur le 56 », explique-t-il avant d’ironiser, «  sans le savoir, cette commission nous a fait honneur on nous attribuant tout simplement la date de la tenue du Congrès de la Soummam, avec le jour qui est 20, le mois qui correspond au numéro 8 et puis l’année ». Notons que le fédéral de Tizi-Ouzou, Farid Bouaziz, avait pris la parole en premier. Il a clamé haut et fort que le FFS était toujours là en arguant que les rangs du FFS se renforçaient chaque jour et dans la wilaya et à travers le pays, ce à quoi les présents répondirent en scandant : « assa azeka, le FFS yella, yella ». La tête de liste du parti pour l’APW de Tizi-Ouzou, Moussa Tamadartaza, a, quant à lui, tenté de rassurer en promettant que le FFS allait faire en sorte d’être à la hauteur de la responsabilité après le 29 novembre. Pour sa part, la députée de la circonscription d’Alger, Hayet Layati, a fait un long exposé sur la gestion locale.

M.O.B.

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