Le scrutin des locales a, le moins que l’on puisse dire, été vraiment particulier dans la commune de Tizi-Ouzou, une localité hautement symbolique, étant toujours présentée comme la capitale de la Kabylie.
En effet, ce n’est certainement pas avec un taux de participation de 16,18% à l’élection communale et 14,21% pour l’assemblée de wilaya que les « heureux élus » peuvent prétendre à une quelconque légitimité populaire… Par des chiffres plus expressifs, ce sont quand même quelques 71 000 électeurs, sur environ 84 000, qui ont boudé les urnes… C’est dire qu’une majeure majorité absolue, tant pis pour le pléonasme, ne s’est guère souciée de qui sera maire à Tizi-Ouzou, un peu comme… à l’époque des indus élus. Et pourtant, les candidats ont eu, cette fois, toute la latitude de parcourir les régions, dans une atmosphère sécurisée, bref, faire campagne sans tracas, ni du pouvoir, encore moins de groupes hostiles. Non ! Rien de ça ! Mais, plutôt, que de l’indifférence populaire… Une indifférence qui a parlé le jour J. La sentence est sans appel : A peine 13 000 se sont donné la peine d’aller voter… Plus grave encore, aucune liste ne peut se prévaloir d’avoir capté l’attention populaire plus qu’une autre, puisqu’aucune n’a réussi à atteindre le cap des 35% exigés par la loi pour s’assurer l’exclusivité de prétendre au poste de maire. En langage populaire, c’est ce qu’on appelle renvoyer tout le monde dos à dos. Les faits et les chiffres sont têtus. Ainsi donc, ni le RCD avec ses 7 sièges, ni le RPR, le FLN et le FFS, avec 6 sièges chacun, encore moins le RND et le MEN, qui ont eu pour leur part 4 sièges chacun, ne peuvent bomber le torse devant l’autre pour réclamer, au nom de la légitimité populaire, le premier fauteuil de l’assemblée. C’est la sanction de la population locale, qui se venge ainsi après avoir été bernée des mandats durant par ces mêmes sigles et élus… Ainsi, le MEN avec ses 4 sièges a le droit de postuler à travers l’un de ses élus au poste de maire, tout comme le RCD avec ses 7 sièges… C’est de l’illogique, mais c’est comme ça ! La population locale en a fait de petits élus qu’elle a mis à la même enseigne. En d’autres démocraties, les « élus », de la sorte, se seraient concertés pour, vraisemblablement, remettre leurs « mandats » de mal élus avant de rentrer chez eux…
A Tizi-Ouzou, ils se concertent pour faire comme si de rien n’était, l’essentiel est que chacun s’assure un strapontin dans une alliance quelconque… c’est ainsi que, depuis avant-hier, des regroupements se font et se défont, au gré des intérêts restreints. Aux dernières nouvelles, il se dit que le RCD, qui se fait un point d’honneur de présider aux destinées de l’APC, est en train de tenter le diable pour concrétiser un deal avec le MEN et le RND. Mais quel honneur avec 2610 sur plus de 80 000 inscrits ? A eux trois, les trois partis totalisent une affaire de 6521 voix, un nombre de loin inférieur au nombre de bulletins nuls enregistrés dans la wilaya… La comparaison pourrait paraître ridicule, la situation l’est malheureusement autant.
S. Bénédine.

