Cinquante ans après l’indépendance, chèrement arrachée par des hommes et des femmes qui se sont donnés corps et âme, il reste encore des martyrs oubliés qui méritent d’être réhabilités. À M’Kira, Dix huit martyrs dont les ossements ont été inhumés en 1963 au lieu-dit Agouni N‘lposte, sont carrément oubliés. Cette place, où ils ont été enterrés, a été délaissée par les pouvoirs publics. La famille révolutionnaire de M’Kira interpelle les autorités locales et le ministère des Moudjahiddine à intervenir le plus vite possible pour réhabiliter les tombeaux de ces hommes tombés au champ d’honneur. Selon un membre de la fédération des fils de chouhada de M’Kira, leur liste nominative existe à leur niveau. «Ils sont tous originaires de Taka, à l’exception de l’un d’eux qui est de Lakhdaria, l’ex-Palestro», nous a-t-il confié. Certes, une enveloppe financière de deux cents millions de centimes a été accordée aux autorités locales pour la réhabilitation de ce haut lieu, mais dès le lancement de l’opération, des ossements, visiblement enterrés en surface, se découvraient. Les travaux ont été alors arrêtés. Comme proposition, la famille révolutionnaire suggère la construction des tombes et la réalisation en surélévation d’une stèle qui portera les noms de ces dix-huit valeureux martyrs. «Ce sera un carré des martyrs», nous a ajouté notre interlocuteur. Tout le monde dans ce village attend, avec impatience, la reconsidération de cette place. Notons, par ailleurs, que cette région est connue pour son patriotisme, non seulement qu’elle a enfanté le colonel Ali Mellah, dit «Si Chérif», mais aussi qu’elle a donné cent cinquante martyrs.
A. O.
