Invité hier au Forum d’El Moudjahid, le ministre du Tourisme, M. Noureddine Moussa est revenu sur la nouvelle politique du secteur qui s’étalera jusqu’en 2015 en développant les principaux axes de cette stratégie favorisée par « une situation financière propice, un remarquable retour de la paix et un arsenal législatif et réglementaire réactualisé et renforcé ». Le ministre du Tourisme a toutefois signalé que pour mettre en œuvre toutes ces perspectives, il fallait prendre en considération certains points et mesures sans lesquels aucune politique ne verra le jour. Résorber les retards accumulés dans les infrastructures hôtelières, contenir les retombées de la signature d’accord d’association avec l’UE et l’adhésion de notre pays à l’OMC et exploiter d’une manière optimale les ressources touristiques que recèle notre pays se posent comme des préalables pour promouvoir le secteur du tourisme en Algérie.
« La majorité de nos hôtels nécessite une mise à niveau »Signalant la croissance importante enregistrée dans le nombre de touristes qui se sont rendus en Algérie au premier semestre de l’année en cours et qui ont dépassé les 500 000 soit une évolution de plus de 23 % par rapport à la même période de l’année 2004, ainsi que la nette augmentation relevée dans le parc hôtelier qui est passé de 755 établissements en 1999 à 1 004 en 2004, Noureddine Moussa expliquera cependant que la majorité de ces hôtels soit 804 sans étoiles ou n’ont pas encore fait l’objet d’un classement antérieur. Un état des lieux qui nécessite une réhabilitation de nos hôtels et une amélioration des conditions d’accueil et de la qualité du service. Une opération de classement et de reclassement des hôtels a été déjà entamée et les banquiers sont appelés à accompagner ces établissements dans leur processus de mise à niveau, ajoutera le ministre du Tourisme. 301 hôtels en cours de réalisation à juin 2005En matière d’investissements, Noureddine Moussa fera savoir que 301 projets sont en cours de réalisation à la fin de premier semestre 2005, avec une capacité prévisionnelle de 30 000 lits pouvant générer 15 000 emplois directs. En outre, il avancera également que 253 autres projets de 20 000 lits dont le taux d’avancement des travaux est à 40 % sont à l’arrêt en raison de l’absence de financement qui constitue la cause majeure de l’interruption des travaux. En ce sens, le premier responsable du département du tourisme annoncera que les pouvoirs publics se sont penchés sur le règlement de ces entraves et informera que le 22 du mois en cours, un séminaire qui regroupera les hôteliers, les institutions financières et les organismes de garantie pour se concerter sur les modalités et les mécanismes adéquats pour accompagner les établissements hôteliers dans leur mise à niveau, les projets en cours à s’accélérer et ceux à l’arrêt de redémarrer. Il ajoutera qu’il est optimiste pour l’avenir de l’investissement touristique dans notre pays surtout après la réforme bancaire qui devrait booster cette dynamique mise en place.
717 demandes d’investissement dans le secteur du tourismeEn terme d’investissements nationaux, un chiffre de 717 demandes a été enregistré, ce qui n’est pas automatiquement traduit en projets viables d’investissement. Raison pour laquelle un travail de proximité est en train de se faire concernant ces demandes en vue de leur assainissement. Quant aux investissements étrangers, le ministre affirmera que la société Sidar à capitaux séoudiens s’est engagée à réaliser deux projets touristiques Zéralda et Zemmouri et l’association Mehri Accor réalisera 36 hôtels de types 3 et 4 étoiles à travers le territoire national. Il soulignera par ailleurs qu’un regain d‘intérêt pour l’investissement touristique en Algérie et que de nombreux investisseurs ont déposé des dossiers qui sont à l’étude pour déboucher sur un choix judicieux de projets.
H. Hayet