Haro sur les cours particuliers, bis

Les cours de soutien sont devenus un vrai phénomène de société il n’y a plus d’enfant, quels que soient sa classe et son niveau, qui n’en prend pas. Des parents au niveau parfois modeste se saignent aux quatre veines pour donner à leurs rejetons ces cours, sans lesquels, pensent-ils, ils ne peuvent réussir. Le phénomène, autrefois réservé aux classes d’examen, BEF et bac, s’est étendu à toutes les années, et on voit même des élèves du primaire prendre leurs cours. C’est que, répète-on, le niveau dans les écoles publiques est déplorable et que les chances de décrocher son passage ou son diplôme sont très minces. Il y a quelques années, seules les matières dites « stratégiques » étaient concernées: les maths, la physique ou les sciences naturelles ; aujourd’hui, c’est l’ensemble des matières qui est concerné. On donne même des cours d’histoire-géographie, une matière que les enfants ont tendance à négliger mais qui est susceptible d’apporter des points à l’examen! De nombreux professeurs, qui se plaignent d’être mal payés, profitent de cet engouement pour se faire de l’argent : à raison de 200 dinars l’heure et avec des groupes de dix à vingt élèves, certains se font des traitements de… ministres ! Certes certains enfants ont besoin de cours de soutien, pour combler des lacunes ou rattraper des retards: c’est à l’Education nationale d’organiser ces cours, et dans les établissements scolaires. C’est le seul moyen de mette fin à un phénomène qui s’apparente, par certains aspects, à du racket !

S. Aït Larba