Tighermine est un petit village de la commune d’Amalou, dans la wilaya de Béjaïa, situé à environ 800 m d’altitude, entouré par les villages de Bouhamza, Imahfoudhen, Ighil N’tala et Ath Djemhour. Le nom Thighermine est un terme berbère, probablement le pluriel de Tighremt qui signifie « forteresse ». La création dudit village remonterait sans doute au début du 19ème siècle. Les premiers habitants sont venus de différentes régions turbulentes de la Kabylie pour se réfugier dans ce coin paisible. Pendant la guerre de Libération nationale, Tighermine a connu les grandes affres de la Lutte armée et y a contribué activement. En effet, malgré sa faible densité populaire, elle compte 38 Chahids (300 habitants à l’époque), elle a eu même l’honneur d’accueillir des figures historiques à l’image du colonel Amirouche et le célèbre Seddik Ait Ali, ce dernier tomba au champ d’honneur à quelques encablures du village en compagnie de son fils lors d’une rude bataille avec les forces armées françaises. Actuellement, le village compte environ 800 habitants, pour lesquels les mots agriculture est industrie ne sont pas anodins, car la culture des oliviers et autres figuiers est une vraie tradition ancestrale, les champs d’oliviers s’etendent à perte de vue, et constituent la majeure activité des villageois, malgré ces richesses leurs besoins sont loin d’être satisfaits, et cela, vu la nature géographique du village qui représente un obstacle naturel pour la prospérité et le progrès. En conséquence, Tighermine sombre dans le sévice des manques et de l’isolement. Néanmoins, la situation n’est pas catastrophique, puisque les habitants de cette bourgade lancent un défi permanent à ces obstacles. En effet, adultes, jeunes et enfants se serrent les coudes pour donner une effervescence à la vie et ainsi créer un certain épanouissement social et culturel. Grâce à l’Association sociale et culturelle « Thiddakla », le village a pu concrétiser quelques projets et activités et ainsi dévier le sort macabre qui les harcele. On compte parmi ces projets, la réalisation du cimetière des Martyrs qui a coûté au habitants la bagatelle de 36 millions de centimes, un terrain de Football, la construction de fontaines, et l’organisation des différentes activités culturelles et sportives et ce sans l’aide des autorités. Tout cela grâce à l’union et la solidarité qui demeurent la devise des villageois, le défi lancé par ces derniers pour eux-mêmes est toujours relevé et en course avec les difficultés et le temps afin de barrer la route à l’exode rurale qui a déjà ruiné plusieurs villages, ainsi Tighermine verra « le beau temps après la pluie ».
Mourad Boughanem