«Nous avons fermé la daïra et la mairie à deux reprises. Des promesses nous ont été données, mais elles n’eurent aucune suite concrète », nous a déclaré un membre du comité de village d’Ameddah, situé sur les hauteurs de Tizi-Gheniff. Notre interlocuteur nous a, entre autres, rappelé que la décision de bitumer la route du village en tapis a été retenue, mais que les villageois ne voient rien venir. « Certes, cette route a été refaite en bicouches, il y a de cela environ deux ans, mais le goudron n’a tenu que quelques mois. Avec le ruissellement des eaux pluviales sur la chaussée, de nombreux nids-de poule se sont formés », a-t-il ajouté. Il poursuivra en nous parlant de la situation déplorable dans laquelle évoluent les jeunes du village, enlisés dans l’oisiveté et guettés par les vices au quotidien : « Pourtant, les autorités locales nous ont promis qu’elles allaient pourvoir le village d’un foyer pour jeunes. Mais c’est resté au stade des paroles creuses, comme pour tout le reste d’ailleurs. L’aire de jeu du village est par exemple complètement laissée à l’abandon. La clôture est par terre et le terrain est impraticable », a précisé notre interlocuteur, qui nous a annoncé que le village n’allait pas rester les bras croisés. Des jeunes que nous avons approchés nous ont confié qu’ils étaient en train de se préparer pour une éventuelle action. A l’approche de l’hiver, les habitants d’Ameddah, tout comme ceux des versants Ouest et Nord, savent qu’ils vont passer un autre hiver dans le froid. « Pour le gaz de ville, bien que des études soient déjà faites, concrètement, c’est toujours la même chose. Aucune entreprise n’est sur les lieux et le gaz donc n’est pas pour demain », a conclu notre interlocuteur. A Tizi-Gheniff, la coordination des villages temporise avant de réinvestir la rue pour mettre sur la table de la nouvelle assemblée sa liste de revendications.
A. O.
