Devant la crise multidimensionnelle que traverse notre pays, le citoyen est toujours à la recherche de la parade pour survivre. Les plus futés mettent à contribution leur ingéniosité tandis que d’autres se contentent de s’adonner à un petit métier, en comptant sur leur seule détermination. Dans la région de Tazmalt, les citoyens sont nombreux à fabriquer ou à confectionner un bijou ou un panier, des ustensiles en bois, ou encore, à vendre des produits de médecine traditionnelle, vantés comme étant la panacée à tous les bobos. La marginalisation socioéconomique oblige une armada de sans emplois à jeter son dévolu sur le marché informel. Une activité loin d’être l’apanage de la seule frange juvénile. Ce réceptacle accueille autant les jeunes désœuvrés que les nouveaux diplômés et les travailleurs précarisés. « Il n’y a pas de métiers subalternes. L’essentiel c’est de gagner honorablement sa vie et ne pas être obligé de vivre indéfiniment aux crochets de ses parents », dira un jeune diplômé assis à même le sol, devant un éventaire de téléphones cellulaires. A l’entrée du marché hebdomadaire de Tazmalt, un vendeur de jouets et d’autres objets hétéroclites confesse avoir été tenté plus d’une fois, de tendre la sébile ou de verser dans la délinquance. « Depuis que j’ai intégré ce créneau, il y a de cela une année, c’est la résurrection », déclare-t-il, sur une pointe de satisfaction. D’autres jeunes nous confient que le commerce, y compris celui de menu fretin, est d’abord et avant tout, une manière de s’affranchir de la tutelle parentale. Cela, déclarent-ils, leur permet de briser le carcan de l’oisiveté et de s’éloigner de spectre du vice qui hantait leurs esprits. «Au départ, je voulais juste essayer pour voir… mais, à mesure que le temps passait, et encouragé par les bénéfices réalisés, j’ai décidé de m’adonner définitivement à cette activité », souligne un jeune marchand de fringues et autres vieilleries venues d’ailleurs. L’interlocuteur soutient empocher de juteux dividendes. Nets d’impôts, s’entend.
Le cas de ce jeune, en s’en doute, n’est pas isolé. Ce filon attire une foule, sans cesse croissante, de chômeurs en quête de travail.
N. Maouche