La wilaya ne sort pas la tête de l’eau en matière de développement – Que de projets en souffrance !

«Nous sommes tenus de respecter les délais de réalisation. Il faut relancer tous les chantiers pour être au rendez-vous», dixit Hamou Ahmed Touhami, wali de Béjaïa.

Le coup de semonce du chef de l’exécutif de wilaya à l’endroit de ses subalternes, début octobre dernier, n’a apparemment pas eu l’impact escompté s’agissant de l’assainissement de toutes les situations, restées jusque-là pendantes, avant la fin 2012. Le wali a notamment insisté lors d’un conseil de wilaya tenu le 09 octobre dernier, sur la distribution de tous les logements, toutes formules confondues réalisés aux quatre coins de la wilaya avant le début de l’année en cours, sur la relance de tous les projets en souffrance, la révision à la hausse du taux infime de la consommation des crédits, l’octroi d’actes de concession agricole aux fellahs et des autorisations aux investisseurs, la relance des plans d’aménagement et de circulation et tant d’autres chantiers en gestation. Le ton ferme, aux accents de menaces, du chef de l’exécutif de wilaya de Béjaïa à l’adresse de ses directeurs semble, aujourd’hui, tomber en désuétude. Preuve en est, le nombre de logements réalisés et distribués, notamment sociaux, demeure un secret que seules les autorités publiques connaissent, les actes de concessions agricoles octroyés aux fellahs sont de seulement 261 sur les 1602 demandes exprimées, les plans d’aménagement et de circulation sont, jusqu’à récemment, en l’état embryonnaire, le taux de pénétration en gaz de ville peine à atteindre les 60% promis et aucun des projets structurants dont a bénéficié la wilaya n’est, à ce jour, lancé ! Sortir la wilaya de l’ornière, comme l’espérait le wali, ne sera certainement pas pour demain. Béjaïa fait, ces dernières années, peine à voir. Elle est, somme toute, en si mauvais état, laissant supposer que la démarche des directeurs de l’exécutif de wilaya, à quelques exceptions près, est à l’opposé de celle du wali, du moins en matière d’acrobaties discursives. La nouvelle ville, projetée sur le plateau de Sidi Boudrahem, ne verra probablement pas le jour. Et pour cause, une expertise menée par une commission dépêchée depuis Alger déclarait le site « inconstructible ». Les quelques milliers d’équipements publics devant être implantés sur ce plateau, dont plus de 4000 logements sociaux, des infrastructures éducatives et tant d’autres, seraient, soit délocalisés vers d’autres communes, ou carrément implantés dans d’autres wilayas, à l’image de la raffinerie d’El Kseur, délocalisée vers la wilaya de Tiaret. Les discours lénifiants des pouvoirs publics ne peuvent aucunement remonter le moral, en berne, d’une population abandonnée à son triste sort. Le wali, Hamou Ahmed Touhami, et son exécutif auront fort à faire pour au moins tenir leurs engagements formulés le mois d’octobre dernier, avant de s’aventurer sur le terrain miné des promesses sans lendemains, au risque de se faire discréditer aux yeux de leurs administrés.

 Dalil S.