Plus d’une centaine d’abonnés au téléphone fixe et à l’Internet, en plein centre-ville d’El Hachimia, à 20 km au sud du chef-lieu de wilaya de Bouira, sont coupés du monde depuis maintenant près de huit mois, suite à des travaux d’aménagements urbains initiés par l’APC, via une entreprise de réalisation. Cette dernière, non munie de plans des différents réseaux qui traversent le chemin de wilaya 97 allant vers Hammam Ksenna, a déterré par son excavatrice, en juin 2012, l’ensemble des fils reliant les abonnés d’Algérie-Télecom sur le tronçon de cette route et sur l’ensemble de la cité des 104 logements, situés au centre de la ville. Lorsque les habitants concernés par cette coupure se sont plaints auprès de l’agence d’Algérie-Télécom de Aïn Bessem, de laquelle relève la commune d’El Hachimia, il leur a été répondu que les services de la mairie devaient refaire d’abord les canalisations (partie génie civil), avant que AT puisse intervenir pour replacer les fils. Ayant coïncidé avec la campagne électorale pour le scrutin du 20 novembre, les travaux de réfection des canalisations ont traîné pendant plusieurs semaines. Du côté d’Algérie-Télécom, l’homologation et la réception de ces travaux a également traîné on ne sait pour quelle raison. Après la réception, l’agence AT de Aïn Bessem a fait un diagnostic et une estimation des travaux à réaliser. Elle le transmet à la direction d’Algérie-Télecom de Bouira afin que cette dernière puisse acheter les fournitures nécessaires. Les abonnés sont, depuis juillet 2012, ballotés entre la mairie d’El Hachimia, l’agence d’Algérie-Télecom de Aïn Bessem et la direction d’AT de Bouira. Contacté en décembre dernier, un responsable de cette dernière structure nous assuré que les travaux allaient être lancés dans… quelques jours. Et depuis, c’est le silence radio. Du fait de cette longue coupure, qui fait fi de toutes les règles régissant la notion de service public, les inscriptions à l’examen du baccalauréat par Internet ont été fortement perturbées. La confirmation de cette inscription, censée se faire dans quelques semaines, est également appréhendée par les élèves et les parent d’élèves; ceci, en plus de la pénalisation dont pâtissent les élèves qui tirent leurs exercices et les modèles d’examen à partir d’Internet. Jusqu’à quand durera ce mépris pour une ville qui n’est plus la bourgade rurale d’antan, mais un chef-lieu de daïra comptant plus de dix mille habitants et où vivent des cadres de la cimenterie, de l’usine ENAD, des stations de concassage, des professeurs de lycée et d’autres modestes pères de famille qui considèrent que l’accès à l’Internet n’est plus un luxe et que le service public est payé par le contribuable?
A.N.M.
