M. Mourad Medelci répondra aujourd’hui aux députés ayant émis des réserves sur le projet de loi de finances 2006, soumis au débat depuis lundi dernier. Il reviendra inéluctablement sur les questions soulevées hier par les présidents des groupes parlementaires à la fin de la séance plénière. Après avoir mis à l’épreuve les parlementaires, Medelci est appelé aujourd’hui à user de tous ses arguments afin de convaincre ses vis-à-vis des chiffres avancés lors de la présentation du projet. Une tâche qui lui sera pénible eu égard aux multiples remarques et critiques émises. Pas moins de 89 amendements ont été introduits depuis le lancement des débats. Selon le communiqué de l’Assemblée populaire nationale, 80 des amendements ont été acceptés et 9 rejetés pour non-conformité aux textes réglementaires. La majorité des amendements portent sur le prix de référence de 19 dollars selon lequel a été encadrée la loi de finances 2006, sur les salaires et également sur les réformes bancaires. Le foncier, la loi interdisant l’importation des véhicules de moins de trois ans et l’importation des boissons alcoolisées ont été également remis sur le tapis. Outre les scandales financiers, dont l’affaire El Khalifa-Bank et celle de la BNA, Dadoura, député FLN, est revenu hier sur les « carences » introduites dans la dite loi concernant les domaines forestiers et les taxes foncières et industrielles. « Nous avons fait 14 amendements dans lesquels nous avons exigé entre autres la révision des taxes imposées », a-t-il avancé. Mme Bounour Sabiha du FLN et membre de la commission des finances estime pour sa part que la loi de finances 2006 n’a rien apporté de nouveau dans la mesure, où « ce sont les mêmes problèmes qui reviennent à chaque fois ». Et d’ajouter que « nous sommes face à une économie administrée car il n’y a pas une stratégie claire pour arriver à une bonne gouvernance ». Pour le Parti des travailleurs, il est impératif de revoir à la baisse les charges sociales et taxes imposées sur les timbres des voitures, sur les pneumatiques et sur le mazout. Le PT, nous dira Tahar Benhoumar, réclame de faire bénéficier les citoyens de l’embellie financière à travers des augmentations de salaires et l’amélioration du pouvoir d’achat. Les allocations familiales et le logement social ont été également évoqués par les députés du PT. Selon Benhoumar, le parti de Louiza Hanoune a demandé l’augmentation du quota des logements sociaux. « Dans le programme quinquennal, il est prévu de réaliser 120 000 LS, soit 23 000 unités par an », souligne notre interlocuteur avant d’ajouter : « Nous avons jugé que c’est peu, c’est pourquoi le PT a réclamé d’augmenter le quota à 100 000 logements/an ». Outre cela, il y a lieu de souligner que le Parti des travailleurs a avancé une vingtaine d’amendements. Les députés d’El Islah, quant à eux, sont revenus sur l’importation des boissons alcoolisées en exigeant son interdiction.
Wassila Ould Hamouda
