Le Ramadhan de cette année a bien constitué une particularité sans précédent sur le plan de la générosité jadis omniprésente durant ce mois de piété. En effet, durant tout ce mois sacré aucune action de solidarité n’a été signalée sur le territoire d’une commune aussi déshéritée que Béni Maouche, hormis la modique somme de cent mille dinars débloquée par le chargé des affaires de la commune. C’est ainsi qu’à l’instar du comité communal du CRA qui a mis la clé sous le paillasson, les quelques vingt associations caritatives activant dans la localité ont déserté le terrain en faisant de l’action de bienfaisance le dernier de leurs soucis. Ni les fameux couffins d’habitude offerts aux nécessiteux comme « pitance », ni aucune prise en charge des quelques SDF sillonnant les rues, ni aucun geste de quelques gens aisés n’était à l’ordre du jour. En effet, même si les mosquées ne désemplissaient pas et les honorables imams ne cessaient d’abreuver les fidèles de belles paroles les incitant à faire quelques gestes apaisants envers les démunis, sur le terrain la triste réalité était totalement occultée car aucun mot aussi doux soit-il ne pouvait apaiser la faim d’un misérable être humain. Dire que les élans de générosité ne sont pas au rendez-vous constituerait sûrement un clin d’œil à l’encontre de ceux qui croient que tant qu’ils sont eux-mêmes rassasiés, la faim n’existe plus. Cet amer constat donnera peut-être à réfléchir aux candidats des partis politiques en lice pour les élections partielles du 24 novembre qui sont appelés à composer avec l’état critique d’un nombre effarant de nécessiteux. Ces parias de la société attendent plus que de beaux discours. Ils attendent une véritable prise en charge de leur misère. L’appel est lancé.
A. M. A.
