Comme chaque année en Algérie, et à la même période, les élèves de terminale sortent de leurs établissements pour réclamer un seuil des programmes concernés par les examens de fin d’année.
Pourtant l’année scolaire 2012-2013 n’a connu aucune perturbation notable par rapport aux années précédentes. Sur ce dernier volet, le Conseil des lycées d’Algérie estime que « la crédibilité du baccalauréat est de plus en plus remise en cause, sacrifiant l’avenir de milliers d’élèves ». Cette entité syndicale, faut-il le souligner, milite depuis toujours pour supprimer cette question de seuil qui n’existe qu’en Algérie. « Les élèves et le ministère de l’Éducation doivent comprendre que le programme comprend 35 semaines et est le fruit de trois années d’études pour aborder l’université qui demandera au futur bachelier un pré requis nécessaire », lit-on dans le communiqué du CLA. Pour le CLA, « le problème avec le seuil des programmes, c’est qu’on va pénaliser les enfants qui ont travaillé toute l’année. Et en fin de compte, les répercussions vont apparaître au niveau de l’université ». « Les programmes, notamment de maths et de physique- chimie, seront presque shuntés », a déploré le CLA dans le communiqué. Pas moins de 30% des élèves ont obtenu cette année, au premier trimestre, plus de la moyenne. Un résultat, explique le CLA, qui fait peur aux élèves qui pour réussir protestent et demandent un seuil qui se résumera à deux trimestres, car l’essentiel pour l’adolescent et les parents d’élèves c’est d’être à l’université quel que soit le niveau et le pré requis. Pour le CLA, l’examen du baccalauréat devra être revu et c’est l’un des points sur lequel doit se pencher le ministère pour le réformer. L’une des priorités cette année, c’est de donner une deuxième chance à l’élève en organisant une deuxième session pour le baccalauréat, et de ne plus donner deux sujets au choix à l’élève car ça le perturbe encore plus, selon ce syndicat. Le CLA demande à redonner une crédibilité internationale au baccalauréat algérien. Pour ce faire, le CLA propose tout d’abord de revenir au système de délibération auquel prenaient part aussi bien les enseignants du secondaire que ceux de l’université et d’analyser les fiches de synthèse de chaque élève scolarisé. « Pour limiter la violence en milieu scolaire et motiver les élèves à travailler tout le long de l’année, il est aussi impératif d’activer le rôle de la fiche de synthèse », ajoute le CLA. Les rédacteurs de ce communiqué ont affirmé en outre, que « le ministère est préoccupé principalement par le taux de réussite au baccalauréat et la recherche de moyens pour l’amplifier; depuis l’identification des leçons couvertes par les examens, au détriment de l’information et de l’exercice ». Ils enchaînent : « le taux de réussite au baccalauréat reflète pour certains l’efficacité des réformes dans le système éducatif, mais la réalité démontre le contraire ». Par ailleurs « le CLA se demande si un jour on aura un vrai baccalauréat sans seuil et sans gonflement des résultats, car il est incohérent de voir un grand nombre d’élèves, qui ont obtenu des blâmes en cours d’année, avec des moyennes annuelles de 05/20, se retrouver avec des mentions ‘’Très bien’’ », a conclu le communiqué.
L. O. Challal

