Les travailleurs de l’Entreprise nationale des industries électroménagères comptent monter d’un cran dans leur mouvement de protestation. Ils prévoient de délocaliser leur sit-in, qu’ils tiennent depuis le début de leur grève illimitée à l’intérieur de l’entreprise, vers l’entrée de la direction générale de l’Eniem, sise au boulevard Stiti au chef-lieu de Tizi-Ouzou. En effet, plus d’une semaine après la grève illimitée décrétée par le collectif des travailleurs au sein de cette entreprise, la situation semble se corser. D’autant plus qu’aucune réaction n’est venue apaiser les travailleurs de l’Eniem, ou du moins les rassurer quant à leurs revendications. Les travailleurs, un peu plus de 200, ont donc décidé d’initier une autre action, en plaçant la barre un peu plus haut. Ils espèrent ainsi mettre toutes les chances de leur côté et voir leur plate-forme de revendications satisfaite. Un membre du collectif des travailleurs nous a expliqué : « cela a été décidé afin d’exercer une pression sur les responsables, pour qu’ils daignent enfin se pencher sur notre sort ». Les grévistes, pour rappel, réclament, entre autres, la revalorisation de la grille des salaires ainsi que la régulation du mouvement syndical au sein de l’entreprise. Par ailleurs, et pour la même journée de demain, le collectif des travailleurs n’écarte pas un autre sit-in devant le siège de l’inspection du travail. « Tout de suite après un regroupement devant le siège de la direction de l’Eniem, auquel tous les travailleurs sont conviés, nous comptons organiser un autre rassemblement devant l’inspection de travail dans la même journée », nous expliquera-t-on.
ça n’a pas repris à la briqueterie de Fréha non plus
Notre interlocuteur nous précisera : « le directeur de l’entreprise est absent, et nous n’avons pu nous entretenir qu’avec le directeur financier. Ce dernier nous demande de reprendre le travail, ayant pris compte de nos revendications.
Mais nous n’avons aucune assurance quant à une quelconque suite positive à nos doléances. Nous voulons du concret et nous demeurons vigilants et décidés ». Il y a lieu de noter que le secteur économique à Tizi-Ouzou est sensiblement freiné par ces mouvements de grève qui touche des secteurs stratégiques. Puisqu’en parallèle à cette grève illimitée à l’Eniem, la briqueterie de Fréha est elle aussi toujours à l’arrêt. Les travailleurs de cette dernière réclament, les concernant, le départ du P/Dg de l’entreprise, en plus de la revalorisation des conditions socioprofessionnels des travailleurs. Un mouvement de grève qui a débuté le 21 janvier dernier et suite auquel toute l’activité de l’entreprise s’est retrouvée paralysée. Par ailleurs, on croit savoir que ces deux mouvements de protestation semblent faire boule de neige, touchant la société nationale des véhicules industriels (SNVI) de la zone industrielle de Oued Aïssi. On croit savoir en effet qu’une grève des travailleurs de cette unité débutera demain. Les revendications quant à elles consisteraient en l’amélioration des conditions de travail.
Ch. T.

