Rien ne va plus à Béjaïa !

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Dans une déclaration qu’ils ont placardée sur tous les murs des campus et des résidences universitaires, les membres du comité des étudiants de la résidence universitaires Tahar Djaout ont dressé un tableau noir des conditions socio-pédagogiques de l’université de Béjaïa.   Bousculades pour le transport universitaire, par insuffisance de bus, coupures récurrentes d’électricité dans les résidences, travaux de rénovation interminables, plats indigestes dans les réfectoires… telles sont les conditions qui rythment le quotidien des étudiants de l’université de Béjaïa. « Ce n’est un secret pour personne, les conditions socio-pédagogiques des étudiants sont des plus catastrophiques, des conditions inhumaines. La dégradation s’accentue d’année en année, malgré les promesses de la tutelle de prendre en charge le secteur de l’enseignement supérieur. Des promesses qui n’ont été que de la poudre aux yeux. Le constat, pour nous, sonne comme une réalité amère », écrit le comité. Au niveau des cités universitaires, les étudiants évoquent des « bricolages », en parlant des travaux engagés, depuis l’été dernier, pour les rénover. Selon eux, un argent fou a été engagé pour la restauration des résidences U, sans pour autant que le résultat ne soit probant. Pire encore, ils pensent que la situation s’est, depuis, dégradée encore plus. « Après la catastrophe de Tlemcen, l’administration a débloqué des sommes d’argents colossales pour la réfection des cités universitaire. Malheureusement, les travaux n’ont fait qu’enrichir les entrepreneurs bricoleurs, et le résultat est des plus médiocres : travaux interminables, bruits incessants, sanitaires bouchés, peinture mal faite, des portes qui ne ferment pas… », a-t-on constaté. Il faut citer, particulièrement, dans cette liste d’irrégularités qui émaillent ce projet, le retard dans le déplacement des chaudières loin des chambres, lequel ne s’est pas encore fait dans plusieurs cités. 

En parlant du fonctionnement des restaurants universitaires, le constat est aussi « désastreux ». 

« La situation dans le restaurant est catastrophique, nous sommes soumis à des files d’attente qui durent des heures pour se voir servir des plats infectes et impropres à la consommation. L’administration réceptionne des produits qui ne répondent pas aux normes de qualité contenues dans le cahier des charges, et cela sans parler des retards de livraison de certains produits, comme le pain et la viande », dénoncent encore le comité. Là aussi, il faut dire que de l’argent a été dépensé pour améliorer les compétences du personnel cuisinier.

Les cuisiniers ont suivi, le temps d’un mois, une formation dans une école privée. Mais est-il suffisant pour que la nourriture proposée aux étudiants devienne mangeable. A l’évidence, la réponse est non. Les plats sont toujours aussi indigestes, voire dangereux pour la santé comme le disent certains étudiants, à cause notamment du manque d’hygiène, de l’incompétence du personnel et de la mauvaise qualité des produits réceptionnés. Combien d’étudiants se plaignent d’avoir contracté des maladies gastriques pendant leur séjour à l’université. Même constat du côté du transport universitaire. Le manque en bus oblige les étudiants à se bousculer pour y trouver place. Le renouvellement de la flotte n’a pas pu résoudre ce problème. C’est au manque qu’il faut pallier.  L’inconfort suit les étudiants jusqu’à l’intérieur de leurs chambres. Selon le comité les étudiants de la résidence 1000 lits Tahar Djaout ont passé la moitié de l’hiver sans chauffage, une défaillance à laquelle s’ajoutent, souvent, des coupures d’électricité. Pour interpeller les responsables du secteur sur cette situation, les résidents de cette cité universitaire ont procédé depuis quelques jours, à la fermeture de leur administration. Une action par laquelle ils visent, d’une part, à interpeller leurs responsables sur la situation « chaotique » qui prévaut au sein de l’université et d’autre part, à sensibiliser l’ensemble des étudiants sur les problèmes de leur université.  Pour le moment, le comité compte maintenir l’administration fermée et appellent à une assemblée générale au niveau de cette résidence pour la formulation d’une plate-forme de revendications et la confection d’un plan d’action.          

M.H. Khodja        

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