En l’absence d’un incinérateur, les déchets médicaux de la polyclinique de Ouadhias sont jetés dans les décharges au même titre
que les ordures ménagères.
Les travaux d’aménagement au niveau de la polyclinique de Ouadhias, dépendant administrativement de EPSP de Ouacifs, ont été lancés depuis plus d’un mois. C’est ce qu’a indiqué M. Nechaf Ahcene, le surveillant médical, rencontré lors de notre virée à cette structure hospitalière. Ce dernier expliquera que les travaux concerneront la partie réservée pour les urgences, le laboratoire d’analyses ainsi que d’autres services. « Les travaux d’aménagements et de réhabilitation de la structure, lancés depuis plus d’un mois, sont en cours », dira notre interlocuteur, qui dénombre ne manquera pas de mettre en reliefs plusieurs problèmes auxquels la polyclinique fait face quotidiennement, surtout avec le nombre toujours croissant des malades qui affluent vers cette structure de soins. « Nous subissons chaque jour une grande pression. La polyclinique ne peut pas faire face à la demande des 70 000 habitants de la région en plus des malades venus des communes limitrophes comme Boghni, Boumahdi, Mechtras… Pour les cas d’urgence, nous faisons vraiment face à un manques flagrants et nous ne pouvons assurer les soins pour tous ces malades qui affluent à notre structure, d’ailleurs, nous ne disposons que de deux ambulances », regrette-t-il. Par ailleurs, notre interlocuteur affirme que la polyclinique fait le travail d’un hôpital, alors qu’elle est dépourvue de lits pour les admissions. Faisant illusion à l’EPH de Boghni, M. Nachef dira que « ces derniers temps, la structure assure même des analyses pour les autres structures hospitalières ». Le docteur Tebakh, chef de service à la polyclinique de Ouadhias, demande aux responsables du secteur d’établir une nouvelle carte sanitaire pour qu’il y ait plus d’équilibre entre les régions. A titre de comparaison, il dira que, contrairement à la localité de Boghni, où il y a plusieurs spécialistes, parfois dans la même branche, Ouadhias, elle, n’en possède aucun. « Nous souffrons, dans la daïra de Ouadhias, de l’absence de spécialistes. Des mesures doivent être prises par la tutelle et les responsables locaux afin d’encourager les spécialistes à s’installer chez nous. Il n’y a qu’un seul gynécologue et cela est insuffisant pour toute les parturientes de la daïra», dira-t-il. Sur le volet lié au personnel, Dr Tebakh nous fera savoir que le problème auquel fait face la structure est celui relatif à l’absence de personnel qualifié pour l’évacuation des malades vers les autres structures hospitalières, à l’exemple de Boghni, Draa El Mizan ou vers le CHU de Tizi-Ouzou. Il ne manquera pas d’interpeller les responsables concernés pour accélérer les procédures nécessaires pour le lancement du projet de l’hôpital pour la circonscription. L’autre problème qui perturbe le fonctionnement de la polyclinique, est celui des biologistes recrutés dans le cadre du pré-emploi. Pour le surveillant médical, « ce problème ressurgit à chaque fois, du fait qu’ils n’ont que deux ans de contrat». Il affirme que ces biologistes, après formation et acquisition d’une certaine expérience au niveau de la polyclinique, se dirigent ensuite vers le privé qui bénéfice d’une main d’œuvre qualifiée. De son côté le maire de la municipalité a exprimé sa volonté de collaborer avec les responsables de la polyclinique afin d’encourager les spécialités à venir travailler à Ouadhias « Mon objectif est le développement de notre commune et d’assurer à nos concitoyens une bonne prise en charge sanitaire, notamment avec le projet de l’hôpital de 60 lits». L’autre problème qui est relevé au niveau de cette structure de soins, est celui des déchets hospitaliers qui sont acheminés, au même titre que les déchets ménagers, vers les décharges. Cela est dû à l’absence d’un incinérateur. « Seringues, compresses, antibiotiques, gants et autres produits toxiques sont jetés, pêle-mêle, dans les décharges publiques de la commune. Pis encore, ces détritus hospitaliers se retrouvent parfois dans les cours d’eau de Takhoukht et sont charriés vers le barrage de Taksebt, d’où un grand danger sur la santé des citoyens de toute la wilaya. Les responsables concernés sont appelés à doter la polyclinique d’un incinérateur qui arrêtera ce désastre », ajoutera le P/APC.
A. G.
