Belayat s’autoproclame intérimaire

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S’il est notoirement connu que les redresseurs du FLN et ceux restés fidèles à Abdelaziz Belkhadem ne sont pas en odeur de sainteté depuis des années, il faut s’attendre à ce que le consensus pour la désignation d’un remplaçant à l’ex-SG soit difficile à trouver. 

Cette divergence au sujet de la personnalité qui doit assurer la gestion des affaires du parti semble s’étaler dans le temps. Si pour l’aile des redresseurs qui ont réussi à « déloger » Belkhadem de son poste, le bureau qui a géré les travaux de la dernière session du comité central sous la présidence de M. Ahmed Boumehdi est « l’instance légitime pour la gestion des affaires du parti, en attendant l’élection d’un nouveau secrétaire général », il s’en trouve évidemment qui ne sont pas du tout d’accord avec cette option, en indiquant, comme l’a fait Abderrahmane Belayat, que « le bureau dont les soi-disant redresseurs parlent est totalement inexistant. Nous ne connaissons pas les personnes qui le composent et il n’est pas inscrit dans le procès-verbal de la dernière session du Comité central dont j’ai personnellement annoncé la clôture des travaux ». Or, si l’article 158 du règlement intérieur stipule que, dans le cas d’une vacance au poste de secrétaire général du parti, c’est le plus âgé des membres qui devra assurer la gestion des affaires du parti, chose qui serait à l’avantage de Belayat, la riposte de l’autre camp ne s’est pas faite attendre, notamment de Kara, chef de file des redresseurs, qui indiquera : «Belayat  n’est pas en droit d’assumer cette tâche, car il avait été désigné par l’ex-secrétaire général ». Toujours est-il, ce duel à fleurets mouchetés entre les redresseurs et les fidèles à Belkhadem ne semble pas prêt de s’estomper. Et chaque groupe y va avec sa propre analyse. Les Haichour, Kara, Abada et consorts persistent à croire et à faire croire que la division du parti est à imputer à la présence d’un lobby constitué de détenteurs d’argent sale et d’intrus au bureau politique, au comité central et aux Mouhafadhas du parti, étroitement liés à Belkhadem. Et c’est ainsi que, pour eux, la personnalité la plus habilitée à assurer le poste de secrétaire général du parti ne serait autre que Mohamed Boukhalfa, chef du groupe parlementaire, pour le motif qu’il remplirait toutes les conditions requises pour ce poste. Mais encore faut il qu’il ait l’aval des autres membres du Comité central qui s’accrochent à l’idée de maintenir Belayat en sa qualité de membre le plus âgé (l’article 158). D’ailleurs, Belayat, lui-même, l’a ouvertement affirmé. « L’article 158, me confère la responsabilité de gérer les affaires du parti dans le cadre du bureau politique », a-t-il soutenu, affirmant que « lorsque les conditions pour l’élection du secrétaire général seront réunies, une session extraordinaire du Comité central sera convoquée et je gérerai les travaux avec le plus jeune des membres ». Ceci pour le côté cour, mais selon Haïchour, que nous avons contacté hier, il semblerait que Belkhadem, qui n’a toujours pas digéré son éviction du poste de SG du FLN, serait entrain de manigancer dans les coulisses pour revenir au devant de la scène politique. Il cite « la dernière trouvaille » qui consiste, selon lui, en la mise sur pieds d’une commission des jeunes militants du parti, dénommée «commission nationale de jeunes militants pour l’unité et la légitimité» et qui aurait pour unique but de « tout faire pour le faire revenir. Et la manière importe peu ! », selon lui.                      

Ferhat Zafane

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