La modernisation des établissements pénitentiaires et l’amélioration des conditions de détention qui visent l’humanisation des prisons, l’un des principaux axes de la réforme de la justice, qui place la réinsertion des détenus dans la société après leur libération, à la tête de ses priorités, a été au cœur des débats hier lors du séminaire organisé à l’hôtel El Riad. Lors de l’inauguration de ces deux journées d’information, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Tayeb Belaiz soulignera que désormais, la nouvelle conception de la politique pénitentiaire dépasse la mission de punition et de correction pour s’élargir à d’autres aspects liés à l’encadrement des détenus, leur prise en charge pédagogique et psychologique et surtout leur préparation à se réinsérer dans la vie active en mettant à leurs dispositions les conditions nécessaires à même de recommencer une nouvelle vie loin des préjugés de la société qui ne pardonne jamais. En ce sens, la nouvelle loi portant sur l’organisation pénitentiaire et la réinsertion sociale des détenus et qui a consacré les droits des détenus et l’élargissements des opportunités de leur réintégration à travers la mise en place de mécanismes et de programmes de réinsertion afin de faire des prisons des espaces plus ouverts sur le monde extérieur afin de réduire au maximum les barrières qui ont toujours existé entre les institutions pénitentiaires et la société. Cette même loi qui a stipulé la création d’une organisation pénitentiaire moderne et autoriser les associations civiles et les organisations non-gouvernementales de rendre visite aux détenus et de leur apporter aide et assistance a permis également la mise en place d’un arsenal judicaire important avec le concours de tous les départements concernés.Le rôle de la société civile et du mouvement associatif dans l’accomplissement du processus de réinsertion et du suivi du détenu, après sa sortie de prison ainsi que celui de la formation et de l’encadrement au sein des établissements pénitentiaires étaient mis en évidence par tous les intervenants qui ont signalé que ces deux facteurs contribuent en grande partie à faire du l’ex-détenu un citoyen à part entière, totalement réintégré dans la société.Certains chiffres avancés par le ministre de la Justice et le Directeur général de l’administration pénitentiaire et qui constituent des données de bases à partir desquelles, il a été procédé à la mise en place de programmes d’enseignement, de formation et d’emploi ainsi que les activités sportives et divertissantes dans les prisons. Selon les statistiques présentées par le ministère de la Justice, le nombre de détenus qui ont eu leur baccalauréat a augmenté en une année de 151 à 243 et ceux qui ont réussi l’examen du BEF est passé de 117 l’an dernier à 259 en 2005. Des détenus qui ont bénéficié de la liberté provisoire et de la semi-liberté afin de pouvoir continuer leurs études à l’extérieur. L’écho positif qu’a eu cette opération dans le milieu carcéral est traduit par le nombre important d’inscrits dans les différents cycles d’enseignement qui ont atteint cette année 5697 ajoutés aux 3127 inscrits dans les filières de formation et lorsque l’on sait que 59% de la population des détenus qui sont actuellement au nombre de 45.000 et dont 11,5 % sont en détention préventive, ne dépassent pas la trentaine et que 84% d’entre eux sont d’un niveau scolaire moyen, alors que la majorité sont issus du milieu urbain, on considère l’importance du travail de prévention et d’encadrement. Toujours dans cette optique de réforme et d’amélioration, M.Felioune affirmera que le travail continu d’une manière progressive et les résultats se voient quotidiennement, dans le cadre de cette loi qui a permis depuis sa mise en vigueur à 500 détenus de bénéficier de la liberté conditionnelle. Il notera par ailleurs, que le ratio alimentaire du détenu est passé de 20 DA/jour en 2000 à 56 DA actuellement et que le mouvement associatif s’est impliqué dans la prise en charge des détenu et que 41 associations locales activent au niveau de 31 wilayas et 10 associations nationales participent au programme de réinsertion. Il ajoutera qu’en 2006, 12 établissements pénitentiaires à environnements ouverts et autant en 2007 seront construits afin de servir d’espaces de préinsertion.
H. Hayet
