Les malades mentaux de la région d’Akbou endurent une situation des plus dramatiques. Cette situation découle de la fermeture, depuis plusieurs mois, du service de psychiatrie de la ville. « La fermeture de ce service vital a privé des centaines de malades de consultations périodiques gratuites et d’un suivi régulier de leurs pathologies », affirme un responsable local de la santé. Fermé depuis le mois de juillet dernier, officiellement « pour congé », le médecin n’a jamais repris le service. Il se murmure ici et là que ce dernier aurait l’intention d’ouvrir un cabinet. Un grand nombre de patients souffrant de troubles psychiatriques chroniques sont, du coup, livrés à leur triste sort. « À chaque fois qu’on se présente ici pour nous enquérir de la situation, on nous informe que le service rouvrira incessamment. Cela dure depuis huit mois, et on ne voit encore rien venir », fait remarquer avec beaucoup de dépit, le père d’un malade. « Le comble, c’est que la plupart de ces malades sont issus de familles pauvres, ne pouvant pas faire face aux tarifs exorbitants exigés par les praticiens privés », ajoute notre interlocuteur. « Il arrive souvent que je me passe de choses essentielles pour honorer les 1000 DA de la visite, mais j’y suis contraint et forcé car la santé n’a pas de prix », souligne un autre malade d’Akbou. Et de suggérer : « l’Etat doit penser à tous ces malades sans le sou, qui ne peuvent ni voir un psychiatre, encore moins acheter leurs médicaments ».
N. M.
