Selon le représentant de l’ONUSIDA, ce choix porté sur l’Algérie est expliqué par les efforts énormes consentis par les pouvoirs publics qui ont offert aux sidéens la possibilité d’être médicalement pris en charge à titre gratuit au niveau des sept centres de soins et de lutte contre le VIH / sida ainsi que les centres de dépistage répartis sur les 48 wilayas qui permettent aux citoyens de procéder à des analyses gratuites tout en gardant l’anonymat.
Apprendre à déclarer la maladie pour la traiter Le ministre de la santé, Amar Tou affirmera que bien que l’Algérie avec un taux de prévalence qui ne dépasse pas les 0,07 %, un chiffre qui demeure tout de même faible par rapport au reste des pays de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient dont la moyenne est de 0,3%, toutefois loin des 0,6 % en Amérique, 2,3% dans les Caraïbes et 7,4 % en Afrique du Sud, il est impératif de mettre tous les moyens nécessaires en matière de prévention, de prise en charge sociale et du soutien psychologique des porteurs du VIH / sida car nul pays n’est à l’abri d’autant plus que dans certains pays arabes le taux de prévalence se rapproche des 3%. D’où la nécessité, dira-t-il, de mettre en œuvre d’une part, une politique homogène et coordonnée au niveau régional et international et d’autre part d’une stratégie nationale qui prend en compte les spécificités de chaque pays en permettant aux malades porteurs du virus du sida de s’organiser dans le mouvement associatif afin de défendre leurs droits et aux institutions nationales de garantir un suivi médical des sidéens et de les accompagner pour continuer à vivre sans discrimination aucune. La prise en considération des facteurs socio-économiques, la pauvreté et la misère qui favorisent la transmission de la maladie et sa prolifération s’impose comme un moyen de prévenir le sida et de le combattre. Il ajoutera que les malades devraient arriver à acquérir la culture de ne plus considérer cette maladie comme un tabou et d’en parler sans gêne comme d’une maladie qui fait partie de la santé publique et surtout de n’avoir aucune honte à se diriger vers les centres de dépistage où la gratuité et l’anonymat sont garantis et aux centres de traitement et de soins. Les porteurs du sida s‘organisent en associationComme les libertés individuelles sont respectées, nul n’est en mesure d’obliger les malades à déclarer qu’ils sont porteurs de virus ou à se diriger vers les structures de dépistage, il est primordial de jouer sur la sensibilisation. Si c’est pour les sidéens, le nombre de 676 déclarés qui est proche de la réalité puisque les malades sont pris en charge dans des centres spécialisés, celui des séropositifs estimés à 1868 demeurent très loin de ce qui existe réellement en raison de la réticence des gens à faire état de leur maladie même aux structures médicales. L’association des porteurs du sida, El Hayet et le comité national de lutte contre le sida qui prend en charge l’aspect social de la maladie pour assister le sidéen et l’aider à vivre avec le sida dans la vie quotidienne ainsi que plusieurs autres associations engagées dans la lutte contre le sida en matière d’information, de sensibilisation, d’éducation et de prise en charge et qui se sont réunies pour activer en réseau depuis deux ans, ont joué un rôle primordial dans ce combat. En ce sens, le président du comité national de lutte contre le sida, le professeur M. Abdelouahab Dif dira de son côté que la prise en charge des malades et leur soutien psychologique et médical pour reprendre la vie active a réalisé des résultats encourageants et que grâce à la prise en charge des malades qui coûtait en 1998 un million de dinars par malade et par an est divisé actuellement en trois en raison de la disponibilité des médicaments et surtout des génériques, les malades atteints de sida arrivent à vivre avec la maladie pendant plus de dix ans en continuant d’exercer leurs activités de tous les jours.
Des micro-entreprises pour des jeunes porteurs de VIH/sidaLe ministre de l’Emploi et de la solidarité nationale, Djamel Ould Abbès qui a pris part à cette rencontre avancera que compte tenu de la complexité de cette maladie et de tous les fantasmes, les peurs et les angoisses qu’elle suscite, il devient évident que fournir un traitement seul aux patients ne suffit pas. Il faut également leur assurer un accompagnement psychologique et social et créer des réseaux régionaux efficaces de solidarité et des liens entre les différents acteurs pour une bonne réinsertion sociale et professionnelle du malade. Il annoncera, par ailleurs, que son département avec ses différentes agences, ANSEJ, Agence de Développement Social (ADS) et l’Agence nationale de gestion du micro-crédit (ANGEM) apportera son concours et accompagnera les personnes vivantes avec le VIH / sida pour les aider à créer leurs entreprises, à bénéficier de micro-crédits ou d’être insérés dans un des dispositifs d’emploi et de solidarité qu’il gère. Une enveloppe de 34 millions de dinars est débloquée au profit des jeunes atteints de sida.
H. Hayet
