La rareté du lait en sachets refait son apparition à Alger et ce, en dépit des mesures prises par l’ONIL (Office national interprofessionnel du lait) pour parer à cette situation, des suites de la grève des travailleurs de la laiterie publique de Birkhadem, Colaital. Cette dernière, qui reste la plus importante à côté des douze autres existantes au niveau de la capitale avec prés de 400 000 litres de lait quotidiennement, assurant les besoins des Algérois en ce produit très prisé fait face à une grève déclenchée par le personnel depuis quelques jours. L’on a appris que les travailleurs réclament le départ du secrétaire général de la section syndicale de l’entreprise, faute de quoi, ils sont décidés à maintenir cet arrêt de travail qui entraîne, ainsi, un manque sensible de ce précieux liquide. Face à cette situation qui n’arrange nullement les ménages et les petites bourses, du fait qu’il constitue l’aliment le plus prisé la direction, visiblement non concernée, cette fois-ci, par le conflit, a appelé les autres laiteries de la capitale à la rescousse, en leur répartissant son quota de poudre de lait, à produire la quantité manquante sur le marché. Dans une déclaration faite hier matin sur les ondes de la radio nationale, le directeur général de l’ONIL, Fethi Messar, a indiqué que l’office, qui joue aussi le rôle de régulateur, et en collaboration avec les services du ministère de l’Agriculture et le groupe Giplait, a pris des mesures palliatives pour éviter la pénurie. Mais cela n’a pas empêché les citoyens de se rendre compte que le lait en sachets n’a pas été distribué et qu’il va falloir se débrouiller autrement. Cette constatation est, du moins, valable dans les magasins et supérettes du centre d’Alger. Si cette grève ne concerne nullement la direction, en ce sens qu’il ne s’agit point de revendications socioprofessionnelles, elle n’a pas manqué cependant de se faire ressentir du coté du citoyen, qui refuse de la cautionner. Par ailleurs, il est utile de signaler que la pénurie de lait perturbe régulièrement le marché et prive les citoyens aux revenus modestes du sachet de lait à 25 DA. La crise, devenue récurrente, met en scène, encore une fois, les principaux acteurs de la filière, dans un échange d’accusations et de remontrances interminables. Les mêmes postures et les mêmes répliques, qui posent, en toile de fond, le vrai problème de notre pays dans ce domaine, sa dépendance insoutenable vis-à-vis de la poudre de lait… La polémique à laquelle on assiste, ces jours-ci, met face à face le Comité interprofessionnel de la filière lait et certains producteurs. Et au milieu le citoyen est pris en otage…
Ferhat Zafane
