Les citoyens de la ville de Lakhdaria, la plus importante commune de la wilaya de Bouira, du point de vue densité, connaissent depuis l’été dernier un manque d’eau flagrant. Les quartiers sont actuellement servis une fois par semaine, sinon tous les quinze jours et la population ne sait plus vers quel responsable se tourner pour voir de nouveau l’eau couler des robinets. Durant tout le mois de carême et pendant la fête de l’Aïd, dans plusieurs quartiers tels que Krichiche ou Hammana, les citoyens étaient forcés de se payer des citernes d’eau potable « l’eau arrive une fois par semaine avec un faible débit et durant deux à trois heures seulement. Pour le reste de la semaine on s’approvisionne comme on peut, à l’aide des jerricans, quand on n’est pas en mesure de se payer une citerne pour 600 DA » souligne un habitant de la nouvelle ville de Lakhdaria. Les quartiers du centre-ville ne sont pas eux aussi épargnés par la pénurie d’eau potable en ces journées pluvieuses alors qu’on est bien loin des grandes chaleurs de la saison estivale. Et au manque du précieux liquide s’ajoute aussi l’instabilité des horaires d’approvisionnement « on doit veiller parfois très tard pour ne pas rater notre ration d’eau hebdomadaire. On s’est habitué également à compter les jours pour éviter les pannes sèches » insiste un monsieur d’un certain âge. En terme d’infrastructures et de réservoirs de stockage, il faut rappeler que l’ex-Palestro dispose de deux châteaux d’eau de grande envergure amplement suffisants pour alimenter la ville et sa périphérie. Mais cela ne semble pas suffire, car « Nous continuons à subir les désagréments d’une cruelle rareté d’eau alors qu’on est en 2005. Les responsables se targuent bien au contraire du bien-être des citoyens en avançant des chiffres fictifs et le contraire de ce que subissent les populations » affirment quelques citoyens en effervescence rencontrés à la sortie du quartier Hammana où l’indisponibilité de l’eau potable en cette période de l’année pèse lourdement sur le vécu des citoyens et avantage d’une façon alarmante l’ insalubrité tant à l’intérieur qu’en dehors des maisons. A l’intérieur de ce quartier les citoyens endurent un autre problème, depuis que la commune a procédé au défonçage de la chaussée pour des travaux d’AEP. Les tas de terre laissés anarchiquement sur les lieux causent un sérieux désagrément aux automobilistes et des misères aux piétons qui ne savent plus où poser le pied à la moindre goutte tombée du ciel.
Anis S.
