Le salaire de l’élu local est revalorisé suivant le décret n° 13-90 du 14 février 2013 paru dans le journal officiel n°12.
«C’est du multiplié par 100 ! », ironise un ex-élu, saluant toutefois l’initiative de l’Etat qui a décidé d’octroyer un salaire plus important à l’élu local. « Cela va peut-être mettre fin à toutes les tentations », dira un autre élu. « Je ne doute pas de la force de caractère des élus et de leur intégrité mais lorsqu’on touche 17 ou 18 mille dinars par mois, ça ouvre la voie à toutes les spéculations ». C’est dit ! Certains maires ne touchaient pas plus de 17 000 dinars par mois. Il faut dire que c’est loin d’être faramineux comme paie, au vu des tâches qu’ils remplissent. Et bien, la situation va changer d’une manière remarquable, et c’est là le moins que l’on puisse dire. A titre d’exemple, le maire qui touchaient auparavant 17 000 dinars, c’était en fait le cas des édiles des commune dont la population se situe entre 20 000 et 50 000 habitants, comme celle de Fréha, Timizart, et autre Azazga, aura droit désormais à une mensualité de pas moins de 99 000 dinars. En fait, et selon le décret, le P/APC le moins rémunéré touchera 77 000 dinars. La rémunération des maires est arrêtée selon le nombre d’habitants de l’APC qu’il dirige. En tous cas, le salaire mensuel du premier responsable de la mairie se situe entre 77 000 et 132 000 dinars. Idem pour les vice-présidents qui toucheront entre 50 000 et 100 000 dinars par mois. Les présidents des commissions permanentes et les délégués spéciaux percevront quant à eux entre 40 000 et 90 000 dinars, selon toujours la densité en matière de population de chaque commune. Concernant l’assemblée populaire de wilaya, APW, son président touchera entre 93 000 et 162 000 dinars, alors que la mensualité des vice-président et présidents de commissions, eux toucheront entre 75 000 et 140 000 dinars. Si l’on prend la wilaya de Tizi-Ouzou qui compte 47 élus, le P/APW touchera 141 000 dinars et ses vice-présidents ainsi que ses présidents de commission seront rémunérés à hauteur de 120 000 DA par mois. Notons qu’en ce qui concerne l’APW, c’est le nombre de siège composant l’assemblée qui est pris en considération pour déterminer le montant de l’indemnité mensuelle de l’élu. Quoi qu’il en soit, et à l’image de cet ancien élu, plus d’un estime que c’est plutôt une bonne chose pour l’élu local qui était, il est vrai « sous payé ». Cela dit, cette revalorisation représente des dépenses supplémentaires pour le trésor public dans le domaine du fonctionnement des collectivités locales. Un petit calcul permet de dire que la valeur des indemnisations du P/APW de Tizi-Ouzou et de ses vice-présidents et présidents des commissions avoisinera les 134 millions de centimes par mois, sachant que l’assemblée de Tizi-Ouzou est dotée de 6 commissions et quatre vice-présidences. Pour l’APC de Tizi-Ouzou, qui est composée de 6 vice-présidents et de 6 commissions, en plus du maire, coûtera au trésor près de 114 millions de centimes, mensuellement. La population n’en voudra certainement pas à ses élus locaux, mais espèrera néanmoins que ces indemnisations ne soient de « l’argent jeté par la fenêtre », comme dirait l’autre. Elle espérera également que ces élus seront plus efficaces à l’avenir en étant à son écoute et à sa disposition en matière de développement. Cette revalorisation peut constituer en outre une pression supplémentaire pour l’élu local qui tentera peut-être de justifier son salaire en déployant plus d’efforts dans sa noble mission.
M.O.B

