La Dépêche de Kabylie : Pour commencer voudriez-vous vous présenter à nos lecteurs?
Karim Oukil : Je m’appelle Karim Oukil. Je suis né en 1984 en France de parents kabyles. J’ai grandi dans une famille de chanteurs et de musiciens. Dès mon plus jeune âge, j’ai écouté Fahem, Hamidouche et Matoub. A 15 ans j’ai appris à jouer de la derbouka, et au bout de deux ans, j’ai accompagné des groupes de différents styles.
Avez-vous des albums sur le marché?
Apres le décès de mon grand père en 2003, je me suis lancé dans la chanson, en lui dédiant la première chanson « vava azizen » de mon 1er album « ayghar » (pourquoi) qui n’est malheureusement pas sorti. Actuellement, je suis en studio, je prépare le deuxième, qui n’aura rien à voir avec le premier. J’espère que celui-ci sortira fin avril ou début mai prochains.
Est-ce qu’il y aura des tournées ou des productions sur scène en Europe et en Algérie?
Il y aura la promotion de l’album bien sûr, mais rien n’est encore décidé. Nous en sommes encore à sa réalisation. Nous verrons bien par la suite.
Vous êtes vous déjà produit sur scène, en Europe ou en Algérie?
En France oui. Au cabaret sauvage, BRTV, et divers galas de solidarité un peu partout en région parisienne. Je devais également participer à deux concerts en Algérie cet été mais ils ont été malheureusement annulés.
Quel est votre style de musique?
J’affectionne plusieurs styles. Je joue du Chaâbi et du Blues plus particulièrement. Je mets dans mes albums également un peu de folklore pour satisfaire les amateurs de danse, mais j’aime m’essayer à différents styles.
Est ce qu’il y a un chanteur kabyle, ou autre, qui vous influence et à qui vous-vous identifiez ?
Oui, j’ai toujours aimé le chanteur Fahem, qui m’a inspiré dans ma façon de chanter. Il y a aussi Matoub qui a révolutionné le chaâbi en lui donnant une touche moderne.
Avez-vous un rêve précis que vous voudriez voir se réaliser?
Que la culture kabyle s’exporte dans le monde entier et devienne universelle. Que nos artistes puissent avoir à leur disposition des structures où ils pourront aisément se produire.
Chanteur immigré est-ce un avantage ou un inconvénient?
Ni l’un ni l’autre. Nous avons en France la chance d’avoir quelques structures, telles les salles de concerts, mais dans le domaine de la chanson kabyle, il nous manque beaucoup de choses, comme par exemple, les managers et les producteurs, en comparaison avec les aux autres styles comme la variété française, le rock, la pop ou le raï. Être un immigré fait que certains Kabyles ne nous prennent pas au sérieux. Il est vrai que je ne maîtrise pas la langue à 100%, néanmoins, je me débrouille bien. Ce deuxième album sera d’ailleurs entièrement kabyle.
Nous vous laissons le mot de la fin?
Je vous remercie pour cette occasion que vous m’offrez pour m’exprimer. J’espère que mon album plaira au public, et j’espère aussi retrouver prochainement mon public en concert, afin de partager avec lui le plaisir que j’ai à chanter. Merci à tous ceux qui liront cet entretien et ceux qui écouteront ma musique.
entretien réalisé par Arezki Toufouti

