Depuis quelques jours, l’eau a commencé à couler des robinets du village Iguer N’ Sar, dans la commune maritime d’Iflissen.
C’est une première pour cette bourgade perchée sur une superbe colline et qui a une superbe vue sur la Méditerranée. Jamais, depuis l’indépendance, ce village n’a bénéficié d’une seule goutte d’eau. Pour les villageois, c’est un rêve qui devient réalité. Ils n’ont pas cru leurs yeux lorsqu’ils ont vu l’eau arriver enfin dans leur village. Néanmoins, dans ce village d’Iguer N’Sar, alimenté du barrage de Taksebt, l’eau n’est pas encore suffisamment disponible. Elle coule qu’une fois ou deux par semaine, à l’instar des autres villages de la commune d’Iflissen. De plus, et bien que récemment installé le réseau AEP présente déjà plusieurs fuites sur son itinéraire. Ce qui nécessite, selon les habitants, des travaux de réparation pour espérer une alimentation plus régulière des villages. Il est à noter que les habitants de cette localité recourraient, à longueur d’année, à l’achat de citernes d’eau, seul moyen pour étancher leur soif, les sources naturelles n’étant pas en mesure de satisfaire toute la demande en eau potable des citoyens, vu la pauvreté de la nappe phréatique dans la région. « Notre village a été le dernier en Kabylie à être alimenté en énergie électrique, il est aussi le dernier à l’être en eau potable. Au village, lorsqu’on lit dans la presse que tel ou tel village est dépourvu d’eau des semaines entières, nous en rigolons. Iguer N’Sar n’a jamais bénéficié d’aucune goutte d’eau depuis l’indépendance! », fera remarquer un villageois. Un sarcasme qui résume la détresse vécue par les villageois de cette contrée des années durant.
Zahir Fellas.
