Les héros de la Wilaya III historique auront peut-être bientôt la reconnaissance qu’ils méritent, avec un haut lieu de pèlerinage et de recueillement qui leur sera entièrement dédié «logiquement à l’entrée du chef-lieu de Tizi-Ouzou. »
«L’APW se propose de financer le projet d’un grand mémorial qui sera érigé à la gloire des grands hommes qui ont fait l’histoire de la région, c’est un projet de grande envergure qui nous tente. On le veut aussi une œuvre artistique de grande qualité et de prestige en hommage à nos martyrs et héros de la guerre de libération. Le projet sera financé en intégralité par l’Assemblée populaire de wilaya. Mais c’est sûr qu’il sera discuté avec toutes les parties concernées. C’est en tous les cas pour nous une proposition une ambition qu’on lance et qui a bien entendu besoin d’être mûrie », a déclaré le P/APW lors de l’hommage rendu au colonel Ali Mellah, de son nom de guerre « Si Cherif », dans la grande salle de la Maison de la culture Mouloud Mammeri, en présence de la veuve du Chahid, de son fils, du premier magistrat de la wilaya, des élus locaux, toute tendances confondues, de représentants du mouvement associatif, des Moudjahiddines de la wilaya III historique ainsi que d’autres de la Wilaya IV historique venus en force rendre hommage à Si Cherif ». A l’occasion, un film documentaire intitulé « Argaz Anifi », réalisé par Hacene Asmani, a été projeté dans la grande salle de la maison de la culture. Un film qui s’est intéressé au parcours du colonel Ali Mellah, à ses compagnons et à ses faits d’armes. Des images d’archives étaient projetées de même que des témoignages de grandes figures de la révolution, tels que le colonel Déhiles dit « Si Sadek » qui a déclaré que « Ali Mellah était un grand maquisard et un grand homme ». Dans le même film, Ali Zammoum, un autre grand nom de la révolution a, quant à lui, déclaré que « le PPA était très bien implanté à Draâ El Mizan, région natale d’Ali Mellah, et de ce fait, il est tout à fait normal qu’un grand homme comme Si Cherif en émerge ». Ali Zammoum racontera aussi des faits d’armes du Chahid. Ali Mellah a pris part à la préparation et à l’organisation de la révolution, il a participé à de nombreuses opérations, mais également à la préparation du Congrès de la Soummam où il sera désigné par les chefs de la révolution (Ouamrane, Ben M’hidi, Krim, Abane, …) à la tête de la wilaya IV dans le sud de l’algérois, wilaya qui a été créée après le congrès, et il avait en charge sa réorganisation et son armement. Il tombera au champ d’honneur le 31 mars 1957 à Ain Defla, dans la commune de Tarek Ben Ziad sur les hauteurs de la montagne Arbel. Une conférence a également été au programme de cette journée. Elle a été animée par Si Ouali, président de l’association des enfants de Moudjahidine, la veuve du Chahid, son fils, Amar Mellah, le réalisateur du film documentaire et Makhlouf Oulhadj fils du colonel Oulhadj, qui a déclaré quant à lui : « Un pays sans histoire et comme un arbre sans racines, c’est pour cela qu’il est primordial que la nouvelle génération connaisse son histoire ».
Karima Talis
