Les citoyens de la localité de Tizi Mouhouche, relevant de la commune d’El Adjiba, à une trentaine de kilomètres à l’est du chef-lieu de la wilaya de Bouira, ne cessent d’interpeller les pouvoirs publics sur le calvaire quotidien dans lequel ils vivent depuis de longues années. D’innombrables carences les empêchent en effet de mener une vie décente. Selon les citoyens rencontrés sur le terrain, leur localité à l’image d’ailleurs de nombreuses autres localités de la wilaya, souffre d’un aigu problème d’eau potable, l’une des principales contraintes qui sévissent dans leur région. L’eau manque tant que les citoyens passent la plupart de leur temps à rechercher la moindre source pour s’approvisionner. Le paradoxe est que leur village n’est situé qu’à quelques encablures d’un important barrage, celui de Tilesdit, sis dans la commune de Bechloul. De nombreux projets ont été inscrits pour remédier à cette situation, « mais apparemment, nous ne sommes pas prêts de voir le bout du tunnel pour le moment », nous diront certains citoyens, dépités. Ils n’ont par ailleurs pas omis de souligner leur besoin urgent d’être raccordés au gaz naturel. Un besoin primordial, d’autant plus que la localité se situe au piémont du Djurdjura, connu pour ses hivers longs et rudes. Leur continuelle quête d’une bouteille de gaz butane complique un peu plus leur quotidien. Et quand celle-ci est disponible, son prix est prohibitif, usant davantage le pouvoir d’achat de ces montagnards déjà bien éprouvés. Autre manque dont se plaignent aussi ces citoyens, c’est l’éclairage public qui, faisant défaut, plonge la région dans l’obscurité dès la fin de la journée. Autre conséquence de cette défaillance, de nombreux vols et agressions ont lieu dans la région. Les éleveurs en sont notamment les premières victimes. Plusieurs vols de bétail ont eu lieu ces derniers temps. Le phénomène est des plus inquiétants, quand on sait que l’élevage est la plus importante ressource pour les habitants. Quant à la route qui relie le village au chef-lieu de la commune, elle se réduit à chemin ne dépassant guère les cinq bornes, et celui-ci est dans un piètre état. Outre sa défectuosité le dit chemin est source de nombreux dangers pour les usagers, notamment les écoliers et les collégiens qui le fréquentent journellement pour rejoindre leurs établissements scolaires. La difficulté d’y circuler, combinée à l’imprudence de certains automobilistes fait courir aux enfants les pires risques. C’est dans l’optique de bénéficier d’un minimum de projets de développement que les paisibles villageois sollicitent une intervention urgente des pouvoirs publics à même de les sortir de leur isolement et de leur précarité.
s. s.
