Poursuivi pour le chef d’inculpation de vente illicite d’armes de guerre de catégorie 4, Antikane Mansouri, le présumé fournisseur d’armes a été acquitté dans l’après-midi d’hier, par le tribunal criminel près la cour de Tizi-Ouzou. Originaire de Tamanrasset, Antikane Mansouri a été interpellé par les services de sécurités de Tamanrasset avant d’être transféré vers le tribunal criminel de Tizi-Ouzou, pour qu’il y réponde des faits qui lui étaient reprochés. Lors du procès, visiblement anxieux, Antikane avait nié toute relation avec les inculpés dans l’affaire Hend Slimana. A la question de la juge, qui lui avait demandé : « les policiers ont pu remonter à vous grâce à votre numéro de téléphone, comment expliquez-vous cela ? », il répondra qu’il avait perdu son téléphone en ville mais qu’il ne savait pas qu’il fallait le signaler au niveau des services de sécurité : « Je ne sais même pas ce que le mot déclarer veut dire. Alors comment voulez-vous que je sache que si je perds mon téléphone, je dois le signaler aux services de sécurité ? Je ne sais ni lire ni écrire. Mon téléphone, je l’utilise juste pour contacter ma femme et mes parents. Quant à cette affaire, je n’en sais strictement rien. Je n’ai aucune relation avec la vente illégale des armes de guerre. Je ne sais rien faire d’autre si ce n’est m’occuper de mes moutons », a-t-il dit. Deux témoins ont été appelés à la barre. Il s’agit en l’occurrence d’Abderrezak Boukhari et Hassane Ibouchoukène, deux détenus condamnés dans l’affaire Hend Slimana. Abderrezak Boukhari, originaire lui aussi de Tamanrasset et condamné à huit ans de prison, a, lors du procès, nié avoir jamais vu Antikane Mansouri. Quand la juge l’avait interrogé s’il s’agissait d’El-Targui, surnom du fournisseur d’armes, il dira : « je n’en sais rien. Lui, je ne l’ai jamais vu. Je ne connais ni ce Targui ni un autre », a-t-il affirmé. Appelé à la barre des témoins, Hassane Ibouchoukène, condamné également dans l’affaire de l’assassinat Hend Slimana, niera à son tour connaître ou avoir déjà vu Antikane Mansouri. Avant les délibérations, le parquet avait requis la peine capitale, car pour lui, le présumé avait tout nié dans le but d’éviter les sanctions. La défense, quant à elle, composée de deux avocats, avait demandé l’acquittement de leur client. « La vente illégale des armes de guerre est un réseau organisé madame la juge. Ils prennent toutes les précautions pour ne pas se faire avoir. Donc je ne vois pas comment mon client aurait utilisé son propre téléphone pour vendre ce genre d’armes. Ça aurait été bête de sa part », indiquera l’un des deux avocats de la défense qui poursuivra en disant : « j’ai tenté de trouver d’autres preuves impliquant mon client où même pour compléter ce dossier, mais en vain. Il n’y a rien d’autre que le téléphone que mon client assure avoir perdu. Antikane est un homme illettré. Il n’a aucun niveau scolaire. Rien qu’à le voir, on sent son inquiétude car il ne sait même pas ce qui lui arrive. Pour votre information, il ne savait même pas qu’il a été arrêté à cause de son ancien numéro de téléphone. Il a été arrêté dans un barrage de la gendarmerie, alors que les vrais criminels font tout pour éviter de passer par les routes nationales. De plus, Youba T, qui a vu le vrai Targui avait précisé qu’il avait la quarantaine tandis que mon client est né en 1984 ! ».
Samira Bouabdellah
