Des chercheurs et enseignants maghrébins ont souligné samedi à Alger, l’importance de la langue amazighe et ont appelé à réunir tous les moyens pédagogiques nécessaires à sa promotion.
Dans son intervention, à l’ouverture d’une journée d’étude sur la langue amazighe, le secrétaire national du Front des Forces Socialistes (FFS), Ali Laskri, a indiqué qu’ »à la veille de la célébration du 33e anniversaire du printemps berbère (20 avril), nous devons faire le bilan de l’état de la langue amazighe dans son contexte régional et international ». De son côté Abdelkader Kacher, enseignant en Droit international, a passé en revue l’expérience algérienne en matière d’enseignement de la langue amazighe, précisant que cette dernière ne bénéficiait pas de l’attention suffisante. L’article 3bis de la Constitution stipule que » Tamazight est également langue nationale. L’Etat œuvre à sa promotion et à son développement dans toutes ses variétés linguistiques en usage sur le territoire algérien », a-t-il rappelé. L’article 178 prévoit, quand à lui, que « toute révision constitutionnelle ne peut porter atteinte au caractère républicain de l’Etat, à l’ordre démocratique basé sur le multipartisme, à l’Islam en tant que religion de l’Etat, à l’arabe comme langue nationale et officielle, aux libertés fondamentales, aux droits de l’homme et du citoyen, à l’intégrité et à l’unité du territoire national, à l’emblème national et à l’hymne national, en tant que symboles de la Révolution et de la République ». Dans ce contexte, M. Kacher a évoqué l’état de l’enseignement de la langue amazighe au niveau national, déplorant le fait qu’il ne soit pas obligatoire. Pour sa part, Belkacem Mostefaoui, enseignant à l’Ecole supérieure de journalisme, a fait état de la « rareté » de l’utilisation de la langue amazighe dans les médias, appelant à l’installation d’une instance chargée de la définition de garde-fous au profit de la langue amazighe. Myriam Demnati, de l’Institut royal marocain pour la culture amazighe, a passé en revue l’expérience marocaine en matière de promotion de la langue amazighe, rappelant les différentes formes de la lutte menée par les mouvements et associations amazighs. Le chercheur libyen, Mahmoud Slimane Khelifa Bekkouche, a, quant à lui, parlé de la situation qui prévalait dans son pays, comparé à d’autres pays maghrébins, précisant que la Libye œuvrait à la promotion de la langue amazighe en vue de son officialisation. La rencontre a été organisée au siège du FFS sous le thème « La langue amazighe, facteur d’intégration nationale et maghrébine ».
