Les doctorants de Béjaïa, poursuivant leur cycle d’études dans le cadre du système LMD, ont rejoint le mouvement des doctorants de toutes les universités du pays qui se sont mobilisés pour dénoncer les ambiguïtés des articles de lois concernant le statut du doctorant en LMD.
Un rassemblement national est prévu, dans les jours à venir, devant le ministère de l’Enseignement Supérieur. Au niveau national, ils sont plus de 7 000 doctorants en LMD à se dire être défavorisés par rapport à leurs collègues de l’ancien système. Des inégalités dans le statut qui menacent sérieusement le déroulement de leurs études. Leur plate-forme de revendications contient plusieurs points, entre autres, l’intégration du doctorant 3e cycle dans la fonction publique et dans l’indice des salaires conformément au décret présidentiel 10-315, de décembre 2010. L’autre point soulevé c’est le droit du doctorant à participer aux concours de recrutement de l’enseignement supérieur et la possibilité de son recrutement sur titre, sans participation aux concours. Cette revendication est d’autant plus « légitime » que la majeure partie des doctorants en LMD exerce en tant qu’enseignants vacataires à l’université dans leurs départements respectifs. Pour eux, « rien ne justifie la primauté des anciens diplômes sur les nouveaux puisque le travail fourni est le même et la qualité de l’enseignement est autant efficace ». Le volet financier aussi est largement contesté surtout la bourse qui est actuellement de l’ordre de 12 000 DA. Les étudiants du troisième cycle demandent à ce qu’elle soit relevée à 18 000 DA, pour qu’elle soit au moins équivalente au salaire minimum. L’autre revendication c’est le droit aux stages de formation dans les universités étrangères ayant une convention avec les universités algériennes. À ce sujet, au sein de l’université de Béjaïa, des étudiants qui sont sur le point de soutenir leur thèse, n’ont jamais bénéficié de ces stages, pourtant indispensables pour l’accomplissement de leur recherche. « Nous savons que nous avons le droit à ces stages, mais allez-y le faire comprendre à nos responsables qui trouvent mille prétextes pour nous en priver », dénonce un doctorant qui s’est vu refusé son droit au stage, trois fois. Récemment, le ministre de l’Enseignement Supérieur a répondu à l’une des nombreuses lettres de doléances qui lui ont été adressées par le comité des doctorants. Certes, des éclaircissements ont été apportés sur quelques points, notamment concernant le droit aux stages à l’étranger en affirmant clairement que ce droit est garanti, mais le flou reste quant au sujet de l’égalité entre les anciens diplômes et les nouveaux. « Sur ce point, la réponse du ministre reste équivoque, arguant que la question concerne aussi bien son secteur que celui de la fonction publique », dit-on. Pour les étudiants, du moins ceux de Béjaïa, « toutes les revendications avancées sont légitimes ».
M.H. Khodja

