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Le technicum baptisé au nom du Moudjahid Oudni Aomar

À l’occasion du 68e anniversaire des événements douloureux du 8 mai 1945, les Moudjahidin de la région sud de la wilaya, englobant Draâ El-Mizan, Tizi-Gheniff et Ouadhias, se sont donné rendez-vous, avant-hier jeudi, au technicum de Draâ El-Mizan où une cérémonie de baptisation de cette infrastructure, du nom du Moudjahid Aomar Oudni, connu sous le nom de Si Moh Nachid, a eu lieu. 

C’est la Kasma des Moudjahidine de cette localité en collaboration avec l’ONM de Tizi-Ouzou, qui a pris cette initiative. Ainsi, de nombreuses activités ont eu lieu dans cet établissement. À commencer par l’inauguration de la plaque portant le nom de ce vaillant Moudjahid. Dès neuf heures du matin, des dizaines d’invités, venus des quatre coins de l’ex commune mixte de Draâ El-Mizan et même de toute la wilaya, commençaient affluer. En plus des Moudjahidine, il y avait également les autorités locales, municipales et de daïra.  C’est le proviseur de l’établissement en question qui a pris la parole en premier. « Je suis très ému de vous recevoir dans cet établissement de savoir qui, désormais, portera le nom d’un grand Moudjahid. C’est une fierté pour notre lycée et pour nos élèves. C’est avec joie que nous inaugurons cette plaque, que nous avons placée dès que nous avions reçu l’arrêté du wali », dira le responsable du Technicum. La parole a été ensuite, donnée au premier responsable de l’ONM de Tizi-Ouzou, M. Mohand Ouramdane, qui est revenu sur l’engagement de toute la région durant la guerre de libération, évoquant au passage Krim Belkacem, Amar Ouamrane, Ali Mellah, Zamoum Mohamed dit Si Salah, Si Slimane Dehilès et d’autres héros, sans oublier de souligner l’engagement, le courage et la vaillance de Si Moh Nachid, qui a joué un rôle prépondérant dans la lutte armée en occupant de nombreux postes dans la hiérarchie militaire de l’ALN, jusqu’à l’indépendance, pour ensuite s’occuper pleinement, jusqu’en 1988, de la coordination de l’Organisation Nationale des Moudjahidine de Tizi-Ouzou.  D’autres personnes qui ont connu Si Moh Nachid n’ont  pas manqué d’évoquer sa simplicité car en dépit du statut qu’il avait et tous les avantages qu’il aurait pu obtenir, il a vécu à Oued-Ksari, avec les siens, pour vivre avec eux leurs misères et leurs problèmes, dans cette zone meurtrie qui s’est sacrifiée pour la libération du pays du joug colonial, et qui était dépourvue de tout.  » Nous avons réussi à placer le nom d’un héros sur cette humble institution. Nous remercions nos invités, qui nous ont honorés de leur présence, et saluons le dévouement du proviseur de ce lycée qui nous a aidés, dès le début. Nous promettons qu’il y aura d’autres baptisations. Nous ne devons pas oublier nos valeureux Chouhada et Moudjahidine », nous déclarera, en marge de cet événement, M. Ali Yabadène, président de la Kasma des Moudjahidine de Draâ El-Mizan. La famille de Si Moh Nachid était, elle aussi, fortement présente et reconnaissante pour ce geste. « C’est une reconnaissance pour le parcours de mon père qui a choisi, dès son jeune âge, de lutter pour la libération du pays et a continué sur la même voie après l’indépendance », nous dira son fils Hacène.  Dans le hall du lycée, il y avait une exposition-photos de hauts faits d’armes et des portraits de révolutionnaires de la région, notamment celles de Si Moh Nachid. En cette occasion, 100 élèves du Technicum, ayant obtenu encouragements et félicitations, ont été récompensés par de prix symboliques.  Aomar Oudni dit Si Moh Nachid est né en 1926 dans la commune mixte de Draâ El-Mizan.  En 1947, il adhéra au mouvement national au sein du PPA/ MTLD. Avant même le déclenchement de la guerre, il signa son acte de rébellion à Timezrit, en éliminant un indicateur de l’armée coloniale. Dans la nuit du 31 octobre au premier Novembre 1954, c’était à Blida qu’il se rendit, avec d’autres compagnons, pour s’attaquer aux biens des colons. Il participa à toutes les grandes batailles de la région, notamment celle du 5 mars 1959 où il fut blessé.  C’était, selon ses anciens compagnons d’armes, un fin stratège. On raconte que lors de la grande bataille du 6 janvier 1959, où tombèrent plus de 385 martyrs et où furent capturés le lieutenant Chassin et le capitaine Grazziani, c’était lui qui avait sauvé la vie à de nombreux responsables de la wilaya 3, dont le colonel Amirouche, le commandant Azzedine et le colonel Si Mohammed, qui devraient tenir une réunion importante à Oued-Ksari, en les faisant sortir de la région pour aller du côté de Bouira par les monts du Djurdjura. Si Moh Nachid, raconte-t-on, ne se mêlait jamais des différends entre les clans, car rien ne valait à ses yeux l’indépendance de l’Algérie. Il s’installa à Oued Ksari en portant toujours ses chaussures militaires (palladium), jusqu’à son pèlerinage à la Mecque. Il décéda le 11 mars 2001. 

  Amar Ouramdane

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