Draâ El-Mizan submergée d'eau

La région de Draâ El-Mizan a vécu, jeudi dernier, une situation apocalyptique. Les pluies diluviennes accompagnées de vents violents, qui se sont abattues sur la région, ont provoqué une véritable panique. Ce qui a accentué cette peur, c’étaient surtout les grêlons, d’une grosseur remarquable, qui tombaient sur les toits des voitures. Toutes les rues et les quartiers de la ville se sont vus submergés par les eaux qui charriaient des tas de terre, des gravats, de pierres et autres objets, au point qu’en quelques minutes seulement, il était devenu impossible de circuler. Tout était bloqué. Tout près de la mosquée, et un peu plus loin au niveau de la pompe à essence, c’était vraiment de véritables rivières. Tous les avaloirs ont été obstrués si bien qu’ils regorgeaient d’eau. Sur les trottoirs, tout le monde courrait dans tous les sens, les plus téméraires filmaient avec leurs portables ces torrents qui emportaient tout sur leur passage.  » C’est exactement ce qui s’est passé à Bab El Oued », criaient des passants. Des cours d’eau dévalaient la pente menant vers le marché central de la ville. Ce sont les  » trabendistes » qui ont été fortement touchés. Leurs marchandises ont été emportées par l’eau. Fort heureusement, il n’y a eu aucune victime à déplorer. De la boue a ensuite envahi toutes les artères. C’est avec des pelles et des bêches que les habitants ont essayé de déboucher, un tant soit peu, les avaloirs. En face de la bibliothèque communale, en cours de réalisation, s’est formée une grande mare d’eau qui a perturbé la circulation à ce niveau. N’étaient-ce les jeunes du quartier, l’eau aurait submergé tous les alentours. Tout près de la coopérative immobilière colonel Ouamrane, les deux caniveaux réalisés par les habitants du lotissement situé en aval de la ville étaient entièrement bouchés de gravats. Il a fallu la mobilisation de quelques habitants et d’un entrepreneur, qui a mis à la disposition des volontaires son matériel en vue d’atténuer la force des eaux qui arrivaient de toutes parts, pour éviter le pire. Par ailleurs, des éboulements ont été signalés sur les importants axes routiers, notamment la RN25 au lieu-dit Ighzer N’Souk où étaient jetées, en amont, des tonnes de terre dégagées lors du terrassement du centre pénitencier. Là aussi, des engins sont intervenus et ont pu dégager la boue. Le lendemain jeudi, les services de l’APC et ceux de l’ONA ont dépêché leurs équipes sur le terrain et ont commencé à déboucher les avaloirs tout en recensant les dégâts. De leur côté les services de la protection civile ont été maintenus en alerte et ont procédé à de nombreuses sorties pour secourir les personnes touchées par les inondations. Encore fois, il est évident que la vigilance doit être de mise, même si on est aux portes de l’été. Un été où qui exige aussi qu’un plan anti incendie soit de mise.

Amar Ouramdane