l Contrairement aux années précédentes, cette année, la saison oléicole ne sera pas bonne. D’ores et déjà, les oléiculteurs pensent que le rendement ne dépassera pas la moyenne qui, jusque-là, atteignait 25 litres au quintal. Depuis près d’une semaine, les paysans ont commencé à cueillir leurs olives. Seulement pour cette année, dans certains villages de la commune, le ramassage du fruit noir ne prendra que quelques semaines. A Tafoughlt, à Ath Rahmoune, la totalité des oliveraies a été décimée par les incendies l’été dernier. Dans le premier cité, plus de 200 oliviers ont été ravagés par le feu. La saison ne sera pas prolifique à cause de deux facteurs : des oliveraies décimées par les incendies et détruites par la neige. L’inquiétude prend place aussi bien chez les oléiculteurs que chez les consommateurs. Pour les premiers, il faut dire qu’aucune indemnisation ne leur a été versée car, par ignorance, ils n’ont jamais pensé à souscrire à une quelconque assurance. Quant aux seconds, ils pensent que le prix de l’huile augmentera. Effectivement, selon quelques personnes qui suivent le marché, le prix de ce produit aux mille remèdes est passé de 160 dinars le litre à 250 voire même 300 dinars et ce, sans savoir s’il s’agit d’huile mélangée, car, il faut le souligner, la « contre-façon » n’épargne rien. Pour ceux auxquels il reste quelques oliviers, ils jugent que l’huile récoltée suffira à peine à satisfaire leurs besoins. Ainsi, le consommateur se trouve dans l’obligation de l’austérité pour consommer davantage d’huile de table que les ménages n’utilisent pourtant que pour les fritures. Cette situation va durer longtemps lorsque l’on sait que les nouvelles plantations et les tailles de régénération tardent à produire ce fruit qui est la seule ressource pour les agriculteurs de la région. Enfin, il y a lieu de relever aussi que cette récolte insuffisante n’épargnera pas aussi l’activité des huileries de la région dont le corollaire se répercutera sur les ouvriers saisonniers. « A quand une stratégie pour la protection de ce produit ? », se demande-t-on.
Amar Ouramdane
