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L’avant-projet du parti en débat

La salle des conférences de l’Odej de Bouira a abrité hier, une convention régionale organisée par le RCD pour débattre de l’avant-projet de la constitution proposé par ce parti. La rencontre, à laquelle a pris part la société civile, a été l’occasion pour les cadres du parti de revenir sur certaines propositions contenues dans l’avant-projet. Ainsi et après la lecture du préambule, M. Bengueouche, secrétaire national chargé des relations avec les institutions, a donné une communication sous le thème « Les principes généraux de la constitution». Avant de rentrer dans le vif du sujet, pour développer les principaux points contenus dans l’avant-projet, le conférencier a tenu, d’abord, à expliquer la démarche de son parti. Une démarche qui se veut, selon lui, pédagogique et novatrice s’appuyant sur la relecture de l’histoire et de la mémoire. Revenant sur le projet du parti, M. Bengueouche a souligné que celui-ci repose sur plusieurs points et principes fondamentaux. Le premier principe étant celui de la liberté qui devrait être inviolable. Le second principe, quant à lui, a trait à la séparation de la politique de la religion. Pour lui, la religion relève de la sphère privée alors que l’Etat est par essence civil et il ne peut avoir de religion. Le conférencier a parlé également, de l’identité qui demeure toujours une problématique. Pour lui, il faut redéfinir l’algérianité en intégrant l’ensemble de ses composantes. Cela participera, selon lui, à la réhabilitation de la mémoire et à la reconnaissance de l’Histoire. « Au RCD, nous réaffirmons notre attachement à l’Afrique du nord, à la méditerranée, et à la région du Sahel », a-t-il déclaré.  Et d’ajouter : « Ce sont là les piliers de la construction d’un véritable Etat démocratique et social». Mme Lila Hadj Aïssa, secrétaire nationale chargée de la condition féminine, elle, parlera de « la séparation des pouvoirs dans la constitution». Tout en critiquant le mode de gouvernance actuel qui voit tous les pouvoirs concentrés entre les mains du président, la conférencière a plaidé pour le rééquilibrage. Pour elle, le parlement doit jouer un rôle plus important et disposer de plus de prérogatives pour contrôler l’action du gouvernement, voter les lois et évaluer les politiques publiques. À ce titre, elle préconise une mise en place d’un système de contrôle et d’évaluation, à travers l’installation d’une commission au sein de l’APN qui aura à débattre des politiques budgétaires et à mener des audits au sein des ministères et des administrations publiques. À propos du Senat, Mme Hadj Arab a noté que celui-ci doit être l’émanation et le reflet des régions dans un Etat qu’elle veut unitaire et régionalisé. Evoquant le pouvoir exécutif, la conférencière a déclaré que son parti préconise dans son avant-projet à ce que le chef du gouvernement soit issu de la majorité parlementaire, avec des responsabilités constitutionnelles bien définies. Pour elle, l’exécutif doit être libre d’élaborer sa politique, son programme et jouir de véritables prérogatives et aura à rendre des comptes. Sur un autre registre, elle a plaidé pour un mandat présidentiel de 5 ans renouvelable une seule fois. Toujours selon elle, le président aura seulement à incarner l’unité nationale et la politique étrangère, être garant de l’équilibre des pouvoirs et assurer la sécurité interne. La conférencière a, par ailleurs, plaidé pour l’indépendance du pouvoir judiciaire et pour l’autonomie du haut conseil de la magistrature (HCM). Les organes consultatifs, qui sont le conseil constitutionnel et la cour des comptes, selon Mme Hadj Arab, doivent être dotés de moyens humains et financiers pour accomplir les missions qui leur sont dévolues. C’étaient là les deux derniers points évoqués par la conférencière avant de céder la parole au public présent à l’occasion de l’ouverture du débat.

D. M.

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