…Défection de 195 surveillants à Bouira…

Pour cette cuvée 2013, les examens du baccalauréat au niveau de la wilaya de Bouira, se déroulent dans une ambiance un peu particulière. Ainsi, la scolarité des élèves a été toute au long de l’année scolaire, perturbée par les grèves à répétitions du Cnapest-Elargi. Ce syndicat, est allé jusqu’à menacer de boycotter les examens de fin d’année, y compris le BAC. Fort heureusement, cette menace est restée à ce stade et n’a pas été mis en exaction. Autre menace brandit par cette coordination autonome des enseignants du secondaire, celle de ne pas réceptionner les convocations adressées aux professeurs, afin d’assurer la surveillance des examens. Ces pressions n’ont pas été du goût des parents et encore moins de l’administration qui a parée à toutes les éventualités, mêmes les pires, en se mettant en branle bat de combat. Hier, lors du coup d’envoi officiel des examens du baccalauréat, qui s’est déroulé au niveau du lycée Krim Belkacem, le directeur de l’éducation de la wilaya, dira que « toutes les mesures nécessaires, ont été prises dans le but de garantir un bon déroulement de l’examen », avant d’appuyer cette déclaration, par des chiffres. Parmi ces derniers, on retrouve certaines données qui reflètent bien la situation de bras de fer entre la DE et le Cnapest-Elargi. En effet, dans son exposé de la situation, le premier responsable du secteur de l’enseignement à l’échelle de la wilaya, n’a pas manqué de souligner la « défection » de 195 surveillants, et afin de palier à ces « défections », la Direction a mobilisé pas moins de 1072 réservistes, parmi eux des pré-emploi et des contractuels. Dans les coulisses de l’académie, cette mobilisation est perçue comme un « pied de nez » au Cnapest-Elargi et ses menaces. Pour le DE « il s’agit là d’une solution palliative et efficace dans un contexte particulier ». Pour rappel, cette mesure de faire appel aux réservistes, a provoqué l’ire des syndicalistes du Cnapest-Elargi, qui voient en cette mesure préventive, une provocation de la part du D. E. Ainsi, dans un communiqué daté du 1er juin dernier, le bureau de wilaya de cette coordination, dénonce « des mesures de représailles », à l’encontre de ses adhérents, tout en appelant à une trêve pendant la période des examens. Interrogé à ce sujet, le coordinateur du Cnapest-Elargi de Bouira, M. Ouali Chérif dira que « certains professeurs qui ont reçu leurs convocations, ont été marginalisés et mis dans des camps de concentrations ». Voulant en savoir d’avantage sur la signification du terme « camp de concentration », notre interlocuteur dira que « Certains de nos camarades ont été envoyés au fin fond de la wilaya pas pour surveiller, mais juste pour marquer leur présence, tout en étant confinés dans une salle à se tourner les pouces. C’est une marginalisation et un mépris manifeste », s’est il emporté. Questionné à propos d’un éventuel lien entre cette marginalisation présumée et la vague de contestation enclenchée par son syndicat, M. Ouali a répondu : « C’est évidant! 

Les enseignants sont une cible de choix ».

Quoi qu’il en soit, ce baccalauréat 2013, du moins à l’échelle de la wilaya, est selon certains observateurs « une cuvée amer » et la raison, d’après ces mêmes spécialistes, réside dans le fait que les élèves ont été perturbés tout au long de l’année par des grèves cycliques. Du coté des parents, l’optimisme n’est guère de mise, selon certains d’entre eux rencontrés aux abords des centres d’examens, les programmes n’ont pas été terminés dans les temps et la période de révision accordée aux candidats était trop courte « Ma fille a eu une poignée de jours pour se concentrer et réviser, sans parler des différentes grèves qui l’ont énormément perturbée », dira la mère d’une candidate, d’un ton anxieux. Pour ce qui est des candidats, ceux qu’on a rencontrés à la sortie de la première épreuve de littérature arabe, ils ont trouvé les deux sujets au choix proposés abordables.

« On a eu Bachir El Ibrahimi et quelques vers d’El Karaoui. Dans l’ensemble, ce sont des sujets à la porté de tous », notera Mahfoud, candidat en filière Lettres et Philosophie. Pour sa part, Ilham, candidate en filière scientifique, considère également que les sujets proposés sont à la portée de tous. Rayane, un matheux, abondera dans le sens dans ses camarades, tout en soulignant avec une pointe d’humour que pour tenter de copier, il faudrait selon lui « se lever de bonne heure, on n’a pas eu des surveillants, mais des matons de prison ! J’ai fait quelques tentatives qui se sont avérées infructueuses », confiera-t-il.

 Ramdane. B