Les autorités de la wilaya de Bouira, à leur tête le chef de l’exécutif, continuent de passer en revue les différents secteurs.
Ainsi, après avoir examiné le secteur de l’habitat et celui de l’aménagement urbain à travers les différentes localités de la wilaya, avec des constats plus au moins reluisants, notamment en matière de réalisation. Hier, c’était le tour des secteurs du commerce et de la santé d’être passés à la loupe. En effet, quelques échantillons ont été choisis par le wali, afin de mesurer l’ampleur des tâches à accomplir et diagnostiquer les carences. Les principaux points visités lors de la virée d’hier, sont l’hôpital Mohamed Boudiaf de Bouira et le projet du marché de gros, situé dans la commune d’Ain Bessam.
Le marché de gros , tout est à refaire !
Ce projet a été lancé en 2010, dans le cadre de l’ancien PCD, pour un coût global avoisinant les 7 milliards de centimes et pour un délai de réalisation de 12 mois. D’ailleurs, au mois d’octobre 2011, le ministre du Commerce avait inspecté ce projet, tout en donnant des instructions fermes dans le but d’accélérer les travaux. Toutefois, il semble bien que c’est instructions, aussi fermes soient-elles, n’ont pas été respectées, puisque le taux d’avancement de ce marché de gros n’a atteint les 35% seulement. L’ex- wali de Bouira, Ali Bouguerra, ulcéré par tant de retard, avait même mis sur pied une commission d’enquête qui devait mettre en lumière les raisons de ces atermoiements. Cependant, plusieurs mois se sont écoulés depuis et les résultats de cette enquête sont toujours en attente. C’est dans ce contexte particulier, que le premier magistrat de la wilaya a eu à constater ce qui est déjà considéré comme » le plus grand gâchis de Ain Bessam ». Ainsi et par rapport aux résultats de la commission d’enquête, nous apprenons que le bureau d’étude chargé de la réalisation, a été mis en demeure par voie de presse, ce qui signifie que le marché conclu, est caduc. Par la suite, un autre BET a été choisi, dans le but de reprendre les travaux, pour un AP de 15 millions de dinars. Ces décisions, reflètent selon le chargé du projet de « reprendre les choses en main et éviter une totale faillite de ce projet de grande envergure ». Cependant, toute cette volonté de remettre sur les rails ce marché a été pour ainsi dire remet en cause par le wali. Ce dernier, s’est dit étonné du type de ce marché qu’il n’a pas hésité à qualifier d’atypique. « Vous appelez cela un marché de gros? C’est étrange, car selon les données que j’ai, un marché de gros doit être ouvert et non pas fermé comme le démontre la structure », a-t-il lancé au bureau d’étude. Ce dernier, tentera de se justifier mais en vain. Poursuivant sur sa lancée, Maaskri a fait savoir aux responsables de ce projet « Vous savez tout doit être refait! Vous avez construit des stands et non un marché de gros à vocation régional! (…) j’attends le rapport d’experts, avant de me prononcer. Si ce dernier conforte mon idée, vous devrez tout refaire à vos frais! » menacera-t-il encore. En visitant la structure, le chef de l’exécutif de la wilaya, s’est encore une fois montré très surpris par les travaux entamés. « Je suis navré de vous le dire, mais j’ai sous mes yeux un plan de locaux commerciaux! C’est inconcevable que cette structure puisse abriter un marché de gros! »
Pavillon des urgences, très en retard !
Par la suite, la délégation officielle se rendra au niveau de l’EPH Mohamed Boudiaf de Bouira, afin de constater l’état de l’avancement des travaux du pavillon des urgences. Pour rappel, ce pavillon a été fermé en 2012 dans le but d’entamer une réhabilitation complète, le tout pour une durée initiale de 18 mois et un coût global estimée à 120 millions de dinars. Toutefois et comme c’est devenu coutumier à Bouira, cette réhabilitation enregistrera un retard certain, ceci a provoqué l’ire du premier responsable de la wilaya, qui n’y est pas allé de main morte pour le signifier « Vous êtes très en retard monsieur ! Je vous ai laissé le temps pour vous rattraper, mais à ce que je vois, vous n’avez pas pris mes consignes en considération. Vous me décevez énormément! ». Assénera-t-il au chef de projet. Toutes les tentatives de ce dernier, afin d’argumenter son retard, se sont soldées par une fin de non-recevoir de la part de Maaskri, qui est visiblement très agacé par tant de piétinement, soulignera que la wilaya a besoin de se développer, chose qui ne peut se faire avec tant de négligence « J’ai une wilaya à gérer et des orientations à respecter! Je n’ai pas le temps de m’amuser avec vous. Faites votre travail convenablement et dans les délais impartis, sinon laissez la place à d’autres ! » a-t-il fulminé. Toujours au niveau de ce pavillon, où les travaux d’étanchéité n’ont pas encore été entamés, le wali s’est inquiété de voir autant de nonchalance de la part des responsables du projet. « Vous attendez, l’hiver prochain, pour réaliser l’étanchéité? Ce n’est pas sérieux! Débrouillez-vous comme vous le voulez, ce pavillon je le veux clefs en main pour, juillet prochain, et comme j’ai l’impression que vous adorez travaillé sous la pression, je vais surveiller vos travaux de très près, chaque jour s’il le faut! »
Ramdane. B
