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Aït Saâda, un exemple de solidarité

Le village Aït Saada, situé sur les hauteurs de l’Akfadou (Béjaïa), ne cesse de se distinguer. Ses habitants vivent en harmonie grâce à une solidarité exemplaire.   La présence des habitants de ce beau village, sur ces lieux froids, remonte à un peu plus de deux siècles. C’était il y a bien longtemps et, depuis, un village s’est constitué. Durant la guerre de libération nationale, des femmes et des hommes, de ce petit patelin, se sont sacrifiés pour que leur progéniture se libère du colonisateur français. Ce village a, toujours, la grande fierté de n’avoir aucun harki (traître) durant cette halte ténébreuse du pays. Autrefois, la fraternité de ces hommes et ces femmes libres était réputée dans toute la région, même pour aller au marché ou immigrer pour travailler sous d’autres cieux, les villageois se déplaçaient en groupe, au point où on les surnomme « Tababurt n Ath Saada », (la barque d’Aït Saada) car les vieux racontent, que pour aller travailler dans les fermes de Skikda, ils prenaient le même bateau. Après l’indépendance, le cours des évènements n’a guerre dévié de sa trajectoire, même si les moyens matériels fessaient défaut. Aujourd’hui, ce petit villages, de quelques centaines d’habitants, souffre, encore, de moult problèmes et ne dispose même pas des choses élémentaires d’une vie digne, ce qui a poussé nombre de personnes à l’exode. Toutefois, depuis un bon moment, ces montagnards ont décidé de prendre leur destin en mains et changer les choses positivement. En effet, plusieurs actions sont entamées pour régler les problèmes de ce village, notamment, le bitumage des routes, le nettoyage, la plantation des arbres, des cours pour les classes d’examens, célébration des dates historiques  et beaucoup de gestes, des premiers du genre, ont été concrétisés, telle une conférence sur la condition féminine et une grandiose fête. Ces citoyens espèrent créer une association, prochainement, pour pouvoir canaliser toutes les forces de leurs enfants, afin de ressusciter les bonnes habitudes, qui pourront s’effriter avec le temps. Dans ce très beau lieu de l’Akfadou, les gens sont très sympathiques et ambitieux, ils ont de grands rêves et comptent les réaliser petit à petit. « Nous voulons écrire l’histoire de la région et la sauvegarder pour les génération à venir, cette page glorieuse de notre passé sera gravée à jamais. D’ici le 5 juillet prochain, nous allons finaliser un film documentaire sur la révolution », nous dit un villageois. « En plus de la célébration des dates historiques, nous envisageons d’organiser beaucoup d’actions qui rendront au village le charme du bon vieux temps. Toute chose qui apportera le bien à notre village est la bienvenue », estime un villageois. Les habitants des collines oubliées tentent, toujours, de se prendre en charge, comme le fait si bien « Tajmaât », (le comité du village) depuis fort longtemps. A Aït Saada, les villageois songent à un lendemain meilleur, leurs rêves sont immenses, comme dans le fameux roman de William Faulkner « Les Palmiers sauvages » où on peut lire cette fabuleuse citation « Le suprême degré de la sagesse est d’avoir des rêves assez grands, pour ne pas les perdes de vue pendant qu’on les poursuit ». Y a-t- il de plus beau ?                          

Mohand Chérif Zirem  

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