Le programme de promotion de l’habitat rural, financé par le fonds national du logement (FONAL), a du plomb dans l’aile dans la commune d’Ath Mlikèche.
Pourtant, cette formule d’aide au logement, la plus prisée d’entre toutes, connait un engouement sans précédent au niveau de cette circonscription rurale. Les chiffres obtenus auprès de la municipalité se passent de tout commentaire, 940 aides octroyées au cours de ces dernières années, tandis que 744 dossiers de souscription sont en instance de traitement, donc une adhésion pleine et entière, mais vite contrariée par une multitude d’écueils, parfois rédhibitoires. On y incrimine la procédure de déboursement de l’aide, notamment le faible montant de la première tranche. L’obligation faite à l’auto constructeur de réaliser à sa charge les fondations de sa bâtisse, pour y avoir droit, le place dans une posture délicate. Pour contourner cet obstacle, bien des postulants, nous signale-t-on, ont dû se résoudre à contracter des prêts. « Quand l’auto constructeur reçoit enfin, l’enveloppe de la première tranche, il songe d’abord à éponger ses dettes, au détriment de son projet immobilier », relève un responsable de l’APC d’Ath Mlikèche. C’est ainsi que l’infortuné auto constructeur s’enlise dans la quadrature du cercle, avec un projet à l’état de sempiternel chantier. « Il y a des centaines de constructions bloquées à différents stades d’avancement. Nous avons même des bénéficiaires de crédits FONAL qui n’ont pas encore entamé les travaux », nous fait savoir un élu de l’APC. Une pléthore d’autres embûches, nous confie-t-on, se dressent sur le chemin des autos constructeurs. Des embûches qui sont toutes de nature, sinon à obérer la concrétisation de ces projet, du moins à en retarder l’échéance. On y cite pêle-mêle, la nature accidentée des terrains d’assiette, nécessitant au préalable d’onéreux travaux de viabilisation, l’indisponibilité de la main d’œuvre qualifiée, ainsi que l’inadéquation entre le montant de l’enveloppe allouée et le coût des travaux.
N. Maouche

