Tizi-Ouzou Ils menacent de durcir le ton – Les transporteurs urbains ne décolèrent pas

Se disant être « entre le marteau et l’enclume », les membres de la section syndicale des taxieurs urbains de Tizi-Ouzou ont aiguisé leur plume dans une déclaration pour informer les autorités compétentes, notamment le Premier ministre, le ministre des Transports, le wali et la population de Tizi-Ouzou, que leur « dernière action de grève est motivée par la décision de la direction des transports de la wilaya Tizi-Ouzou de mettre en application le décret exécutif N°12-230 du 24-04-2012, portant réglementation du transport par taxi ». Les rédacteurs du document estiment que cette application est en parfaite contradiction avec la réalité du terrain. « Nos véhicules n’ont été achetés et acquis, tant individuellement que par les différents dispositifs d’insertion, qu’après obtention d’une autorisation d’exploitation délivrée par cette même direction, qui renie, aujourd’hui, ses propres engagements », ont-ils écrit. Ils expliquent, par ailleurs, que ces véhicules constituent leurs seules ressources et le gagne-pain de plusieurs centaines de familles. Ils ajoutent : « Le fait de substituer les véhicules actuels par d’autres de quatre places, c’est, en quelque sorte, inviter leurs propriétaires au suicide, tant ils n’auront plus les moyens de subvenir aux besoins de leurs familles». Les taxieurs assurent, à travers cette déclaration, qu’ils n’ont jamais enfreint les textes de lois en vigueur. « Nous nous acquittons des cotisations réglementaires et nous payons les impôts. Mais, aujourd’hui, force est de constater que nous nous sentons trahis par l’Etat, avec le reniement de ses propres engagements à assurer à tout algérien un emploi décent et en soutenant les différents dispositifs d’insertion », indiquent-ils. Ils affirment que changer le mode de transport actuel « pénaliserait encore un peu plus la population, déjà accablée par l’érosion de son pouvoir d’achat, car il sera difficile pour une famille de six personnes de se déplacer avec deux véhicules, au lieu d’un, comme c’est le cas actuellement ». Les rédacteurs de ladite déclaration concluent en appelant la direction des transports de Tizi-Ouzou à reconsidérer sa décision, pour le bien de leurs familles et celui de la population. Ils affirment que dans le cas contraire, les taxieurs urbains se réservent « le droit d’engager des actions plus radicales, « jusqu’à l’aboutissement de nos revendications ». Enfin, joint hier par téléphone, un membre de la section syndicale des taxieurs urbains expliquera que lui et ses camarades de section devaient se réunir, hier en fin de journée, afin d’élaborer une plate-forme de revendications qu’ils présenteront, aujourd’hui, à la directrice des transports de Tizi-Ouzou. « Une commission sera envoyée demain (aujourd’hui, NDLR) pour tenter de trouver une solution avec la directrice des transports de Tizi-Ouzou. Mais si cette réunion n’aboutit pas à du concret, nous passerons à d’autres actions et s’il le faut, nous occuperons la rue. Car dans ce cas, on ne nous laisse pas d’autre choix», a-t-il dit.

Samira Bouabdellah