Perchée sur une colline à plus de 1 000 m d’altitude, à environ 15 km à l’est du chef-lieu de la commune d’Ath Laâziz, la bourgade d’Ibourassen demeure malheureusement enclavée et marginalisée par les pouvoirs publics, puisqu’aucun projet n’a vu le jour afin de désenclaver cette région d’une population qui dépasse les 1 000 habitants. Du moins, c’est ce que révèlent les déclarations du président de l’association des villages dénommée « Inurrar » qui nous avoue : « Nous vivons le calvaire, nous sommes marginalisés, à commencer par les routes qui demeurent impraticables. Pour rallier Ibourassen, il faut prendre les bus assurant la desserte Bouira-Ifhoudhien puis nous devons terminer à pieds sur une distance qui dépasse les 3 km avant d’arriver au village. Notons qu’un chemin relie ledit bourg au village Iaâlwachen, mais les transporteurs refusent d’acheminer les habitants faute de l’impraticabilité de la route », dira notre interlocuteur Ali. A ce titre, les citoyens se trouvent dans l’obligation de louer des fourgons à partir de la ville de Bouira à raison de 100 DA/personne au lieu de 25 DA, le tarif des transporteurs. « Malgré nos multiples requêtes adressées aux autorités locales et au wali, afin de bitumer la route de notre village mais en vain », révèle le président de l’association. Il y a lieu de souligner qu’une piste agricole démarrée il y a deux ans à partir du village Ifhoudhien sur un rayon de 3 km, demeure inachevée. Sans doute ce chemin désenclavera ledit hameau. Car les citoyens, pour rallier la ville de Bouira, font le tour de la commune d’Aomar passant par la RN5. Cependant, les travaux sont suspendus pour des raisons ignorés, les habitants d’Ibourrassen, pour rappel ont procédé à la fermeture de la mairie il y a une semaine en guise de protestation. « Nous sommes ignorés par les pouvoirs publics, dernièrement, il y a eu la visite du chef de daïra de Bouira qui s’est déplacé dans notre village et normalement, les travaux vont reprendre incessamment », enchaîne-t-il. Par ailleurs, beaucoup de difficultés auxquelles sont confrontés Ibourrassen persistent. La crise du transport scolaire est à l’ordre jour. Les collégiens qui étudient dans l’établissement de Maâla font le parcours du combattant. Pour ce faire, « nos enfants sont obligés de se lever tôt vers 06h pour être au rendez-vous des cours et traverser la rivière », ajoute notre interlocuteur. La souffrance des familles se multiplie à l’approche de l’hiver, car la bonbonne du gaz butane est introuvable et sera vendu à 250 DA. Notre interlocuteur nous rappelle les dernières chutes de neige de l’année écoulée où les familles ont été bloquées pendant une dizaine de jours sans faire réagir les responsables locaux. Il est utile de préciser que grâce au civisme d’Ibourrassen, un réseau d’AEP a été réalisé, grâce aux efforts consentis par les habitants. « Les autorités ont aidé notre population par quelques matériaux mais après avoir découvert un cas de typhoïde », enchaîne-t-il. Les habitants de la bourgade d’Ibourrassen crient à l’injustice : « Je vous cite l’exemple du logement, aucun citoyen de notre village n’a bénéficié d’un logement social dans notre commune, il y a du favoritisme, même pour l’habitat rural », déclare notre interlocuteur. « Le village enregistre un taux très élevé de chômeurs, nos jeunes préfèrent déserter leur hameau, sinon comment expliquer qu’aucun jeune ne travaille dans sa commune même dans le cadre de l’emploi de jeunes », dira encore le citoyen. En somme, la région est privée à ce jour d’un réseau d’assainissement, d’éclairage public et de beaucoup de commodités, Ali Bourras, le président de l’association Innurar conclura : « Je demande appel aux pouvoirs publics de nous considérer comme des citoyens et de jeter un œil sur notre village ».
A. Fedjkhi
