La classe juvénile livrée à elle-même

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Les infrastructures sportives et culturelles brillent par leur absence à Tizi N’Tléta, plus particulièrement dans l’un des plus grands villages de la commune, Aït Abdelmoumène. 

Le seul foyer de jeunes, construit à Taddert Oufella il y a plus de 15 ans, est fermé. Celui en construction, depuis plus de 5 ans à Tassoukit, n’est pas encore mis en service. Du coup, les associations culturelles sont en mode veille. L’aire de jeu, lancée lors du mandat précédent, n’est ni praticable, ni adéquate, puisqu’elle est située à l’extrémité du village. Pour s’y rendre il faut un moyen de transport. Des centaines de millions de centimes y ont été dépensées et sont partis en fumée. Le club local, le MSA, qui pour rappel a accédé cette année en division Honneur, continue d’être SDF. Les arts martiaux continuent d’exister, mais la pratique se fait dans des caves de fortune, sans aucune commodité. Comme résultante directe de tous ces manques, la délinquance juvénile a trouvé un terrain propice pour s’élargir. Les pratiques illicites sont monnaie courante. L’insécurité sous toutes ces facettes, règne dans ce village qui, jadis, ne connaissait pas tous ces fléaux qui écument les lieux. Des dizaines de foyers et de commerces ont été cambriolés. Sortir la nuit et laisser sa maison sans gardiennage serait risqué. Plusieurs familles ont eu la mauvaise surprise de découvrir leur foyer vandalisé et leurs objets subtilisés. Les écoles et le bureau de poste du village n’ont pas été épargnés. Du coté de la santé publique, le constat n’est pas meilleur. La seule unité de soin disponible fonctionne au ralenti et se contente des soins les plus rudimentaires. Certes, des consultations médicales sont assurées, mais le patient est contraint de se rendre chez le privé pour une radio ou de simples analyses. Ce village de plus de 12 000 âmes ne dispose même pas d’une ambulance pour évacuer ses malades lors d’urgences. C’est dire que beaucoup reste à faire dans cette localité qui aspire à plus de développement et de paix. Pour cela, les responsables et les services concernés sont appelés à regarder dans la bonne direction en vue de sortir ce douar de l’impasse et de relancer la roue du développement, grippée depuis des décennies.

A. G.

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