Amalou, cette citadelle inexpugnable collée au flanc de la montagne de gueldamen est sans aucun doute classée parmi les contrées les plus pauvres de la wilaya de Béjaïa. Sa réputation, elle la doit à Sidi Ahmed Ouyahia, un homme spirituel vénéré par toute la population qui l’adule comme un saint pour son humanisme et son mérite d’avoir ensemencé l’islam et ses valeurs dans la région. Il s’est installé dans cette commune appelée à l’époque, « arch d’amalou ». aux IXème siècle en fondant une zaouia qui fonctionne à ce jour. Dispensant des études en sciences islamiques à des étudiants en théologie, cette zaouia de par sa grandeur dans l’esprit des fidèles, reçoit des pèlerins venant de différentes régions pour se recueillir sur le mausolée de son créateur et visiter les édifices anciens d’une architecture andalousienne entretenus dans leur style original et sa mosquée construite récemment, dont les couronnes et son donjon sont ornés d’or et de turquoises. Les villages, qui composent cette commune dont la population avoisine les 10 000 hab, manquent de tout ; il n’y a pas de téléphone fixe contribuant par l’Internet au divertissement d’une jeunesse qui n’a pas où aller que d’errer dans des cafés maures de fortune quand ils existent ; sinon, qu’il n’existe point de maisons jeunes ou d’aire de jeux. En matière de santé publique, les centres de soins font défaut et les malades sont orientés vers la polyclinique du chef-lieu, seule structure sanitaire existante qui ne répond pas aussi aux aspirations de la population. Hormis, les soins et les consultations médicales par un généraliste, pour les autres prestations, les patients n’ont d’autres choix que de s’orienter vers la ville d’Akbou. Les périodes hivernales affectent beaucoup les villageois qui restent cloîtrés chez eux à cause des obstructions de routes qui revêtent un caractère de pistes agricoles non aménagées. Dans ce cadre, les dernières chutes de neige ont marqué les esprits des citoyens vivant dans les contrée les plus reculées de la commune de par les souffrances endurées dues à l’ épuisement des stocks des denrées alimentaires et la rareté des moyens de chauffage. Malgré ces insuffisances, le budget pour de développement social et économique alloué par l’Etat au titre de l’exercice en cours, semble être attribué pour colmater les brèches sans pour autant penser à améliorer les conditions de vie des citoyens. D’ailleurs, il est jugé nettement insuffisant par rapport à la réalité économique des les villages enclavés. Ainsi, dans le cadre des PCD du début de l’exercice, seuls 9 000 000,00 DA ont été accordés pour le bitumage d’un tronçon de 2 km du CW n° 141, reliant Biziou à Amalou. Le budget complémentaire n’est guère consistant puisque les 10 000 000,00 de dinars alloués par la wilaya ont été affectés pour les aménagements de certaines routes de montagne reliant les villages en tout venant (TVO), les rues et venelles de la ville par des couches en béton. Ainsi, une répartition équitable de 25 000,00 DA a été opérée entre les bénéficiaires. La route reliant Beni Djaad à Benni Djemhour sera revêtue sur un tronçon de 2,5 km d’une couche de tout venant. Idem pour le village Ighil N’Tala, qui aurait bénéficié pour l’aménagement de ses différents accès d’un tout venant. La ville d’Amalou s’est taillée la part du lion avec deux projets : l’un est destiné pour la réfection de certaines artères avec du béton en tri-couche et l’autre pour l’aménagement de divers accès avec du TVO.
L. Beddar
