Les années se suivent et se ressemblent pour les résidents de la cité d’Ighil Ali, sise au cœur du chef-lieu de la commune. Ils y vivent, depuis un demi-siècle, dans des conditions lamentables de promiscuité et de précaritété.
D’après les services de la municipalité 38 foyers sont recensés dans cette cité dont la construction date de l’époque coloniale. Plusieurs générations, nous signale-t-on, ont égrené leurs vies dans cette cité aux mille misères. « J’ai vu naître et grandir mes deux enfants ici. Le cadet vient tout juste de convoler en justes noces », témoigne un sexagénaire, qui nous confie avoir procédé à plusieurs extensions de sa demeure pour pouvoir loger tout le monde. « Ceux qui ont les moyens de se payer un logement ou de construire ailleurs ont levé le camp depuis longtemps. Les autres n’ont d’autre alternative que de se résigner à leur sort, en attendant des jours meilleurs », renchérit un autre père de famille résidant dans cette cité. Pourtant, le projet de recasement de toutes ces familles, dans des logements décents, était à l’ordre du jour ces dernières années. En effet, un quota conséquent de logements a été affecté au profit de la commune d’Ighil Ali dans le cadre du programme de résorption de l’habitat précaire (RHP). Le foncier communal faisant défaut, alors les responsables ont opté pour la solution de raser la cité pour y implanter le nouveau projet immobilier. Seulement, les familles concernées ne l’entendaient pas de cette oreille. « Elles ont refusé d’évacuer leurs maisons », nous a-t-on fait savoir. La collectivité aurait alors tenté de trouver une solution de rechange en délocalisant le projet vers le village Bouni, éloigné de près de 20 kms d’Ighil Ali. Les choses devaient, hélas, en rester là et ces logements RHP ne semblent pas prêts de voir le jour.
N. Maouche

