L’éternel recommencement à Aït Yahia Moussa…

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L’été dans la commune d’Aït Yahia Moussa est synonyme de manque d’eau. Aussi, tous lesvillages sont en ébullition et les responsables locaux sontquotidiennement assaillis par les comités des villages qui viennent relancer, pour la énième fois, la même revendication, « une alimentation normale en eau potable ». 

Le spectre du recours aux actions de rue est loin d’être écarté quand on sait que la saison estivale est encore longue. Aussi bien au versant Est, au chef-lieu, qu’au versant Ouest, c’est la même question qui revient sur toutes les lèvres : « Quand aurons-nous de l’eau comme les autres? ». « Nous n’avons pas eu une goutte d’eau depuis la fin du mois de juin. On croyait que tout était rentré dans l’ordre, mais voilà que nous retournons à la case de départ. Au rythme du programme de distribution de ce liquide précieux, nous aurons, tout au plus une à deux fois l’eau d’ici la fin de l’été », nous dira un habitant d’Ath Abdellah, dans le village de Tafoughalt où le manque est criant d’autant plus que cette localité est située à l’extrémité de la chaîne du projet de Oued Bougdoura. Et de poursuivre:  » Nous avons eu une lueur d’espoir quand nous avons appris que cet été nous serions alimentés à partir de Draâ El-Mizan, et donc du barrage de Koudiet Acerdoune, mais l’entreprise réalisatrice de cette opération de raccordement patine. Nous craignons devoir attendre encore des années ». Ce sont les mêmes réponses que nous avons obtenues lorsque nous nous sommes rapprochés des habitants d’Ath Rahmoune. « C’est insupportable. L’eau n’arrive plus dans nos robinets. Même les plus pauvres du village recourent à l’achat de l’eau », nous a répondu un citoyen d’Ath Laâzaiv.  A entendre tous ceux qui réclament leur part de ce liquide, il est à comprendre que ce projet de 26 milliards de centimes, sans compter les rallonges financières, comme celle engloutie pour la réalisation d’une conduite autonome à Ath Rahmoune vers Tafoughalt, n’a presque servi à rien. A ce sujet, nous avons posé la question au maire à propos de ces pénuries récurrentes. « Il y trop de pannes au niveau des pompes des forages de Oued Bougdoura (Draâ Ben Khedda) alors que les fuites sont énormes et nombreuses. L’eau pompée n’arrive pas en totalité aux réservoirs d’eau. Il y a trop de déperdition », nous a-t-il expliqué d’un air exaspéré. Et de nous dire:  » Pas loin qu’avant-hier (jeudi), nous avons tenu une réunion avec les responsables de l’ADE et de l’hydraulique afin de trouver des solutions à ce problème. Nous avons convenu à ce que tous les moyens soient mis en œuvre, au cours de la semaine, pour venir à bout de toutes ces fuites dans l’espoir de revenir à une alimentation plus ou moins régulière, et pour multiplier aussi les efforts au niveau du pompage ». Pour notre interlocuteur, l’entreprise réalisatrice de la conduite à partir de Draâ El-Mizan vers Tafoughalt doit accélérer les travaux, car c’est une urgence pour gagner la quantité qu’on donne vers ce village initialement pompée à partir de Oued Bougdoura. En définitive, il est temps de prévoir un projet d’envergure pour soulager les 20 000 habitants que compte cette municipalité.

Amar Ouramdane 

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