Les concessionnaires et revendeurs de véhicules neufs, installés dans la région d’Akbou sont unanimes et catégoriques : le marché traverse une mauvaise passe. Même les marques réputées les plus prisées, ne trouvent pas preneur. « En l’espace de quelques mois seulement, les ventes ont accusé un recul de l’ordre de 10 à 20% », confesse le gérant d’un espace commercial installé près du quartier Guendouza. Un concessionnaire établi à proximité de la RN26 affiche la même morosité : « La baisse des ventes est une tendance généralisée, mais les véhicules les plus puissants, donc les plus chers, sont les plus durement touchés par cette dépression du marché », nous a-t-il indiqué. Notre interlocuteur expliquera que le décrochage des acheteurs est intimement lié à la hausse des prix des véhicules et aux différentes charges qui grèvent leur achat. « Il y a un renchérissement notable des cours. Cette tendance intervient dans un contexte de mise en place de la taxe pour les véhicules neufs. A tous ces facteurs, il convient d’ajouter les longs délais de livraison, ce qui n’est pas de nature à stimuler le marché », analyse-t-il. Ayant fait durant longtemps, office de succédanée pour les citoyens aux revenus modestes, le véhicule d’occasion est devenu, lui aussi, de plus en plus inaccessible. Une virée au marché hebdomadaire d’Akbou est édifiant à cet égard. Les négociations sont laborieuses. Les conclusions de marchés sont rares. Et pour cause : les sommes exigées donnent le tournis. Un tacot bringuebalant et fumant est proposé à 30 millions de centimes. Une occase plus « potable » en vaut le double, voire plus. On a même vu des modèles mis en circulation en 2012 et plus cotés que les prototypes neufs. Un paradoxe ? « que nenni », répliquent certains prétendus connaisseurs du créneau. « Il y a des gens qui préfèrent payer plus cher et disposer immédiatement du véhicule que de devoir attendre des mois chez le concessionnaire », dira un habitué du marché.
N. Maouche.
