Site icon La Dépêche de Kabylie

C’est parti depuis hier !

Après en avoir fait l’impasse durant les deux dernières années, les Ath Yenni renouent enfin avec «leur» fête du bijou. 

C’était hier en milieu de matinée à l’occasion du lancement de la 10e édition. La cérémonie s’est déroulée dans une ambiance festive au rythme des d’Idhaballène.  Les festivités ont eu lieu au CEM Larbi Mezani, en présence du premier responsable du secteur du tourisme et de l’artisanat, M. Rachid Ghenouchi, du directeur de la culture, du P/APW de tizi-Ouzou, du P/APC d’Ath Yenni, M Ismail Deghoul, du chef de daïra par intérim notamment. Il y’avait foule aussi d’artisans et d’anonymes de la localité mais aussi de visiteurs venus assister à l’évenement. Plus de 64 artisans bijoutiers prennent part à cet événement. 80% d’entre eux sont d’Ath Yenni et les autres viennent des autres régions. Certains exposants viennent également des autres wilayas, comme Tamanrasset, El Oued, Ouargla et Oran. Par ailleurs, d’autres sites ont également été réquisitionnés pour la manifestation. La maison de jeunes ‘’Keddache Ali’’ abrite les expositions d’autres métiers artisanaux comme la poterie, la vannerie et la tapisserie, entre autres. En marge des expositions, un programme d’animation est prévu. Pour exemple, la soirée du 21 août sera animée par un groupe berbère du Maroc qui se produira au chef lieu de la commune, au grand bonheur  des amoureux de la musique Gnawi. Le directeur du tourisme, M Rachid Ghenouchi, dira lors de son allocution que « cette manifestation qui met à l’honneur le savoir-faire ancestral des artisans de cette partie de haute Kabylie est un événement touristique avant tout. Elle coïncide avec la saison estivale. De ce fait, l’apport de la direction du tourisme et de l’artisanat sera à la hauteur de cet héritage ancestral, dont la pérennisation, la sauvegarde et la promotion passent par l’acquisition des équipements de la bijouterie, en collaboration avec le FNPAAT (front national de la participation des arts artisanaux au tourisme). Pour cela, un arrêté a été signé récemment par M. le wali, portant la création d’une commission de wilaya chargée de l’étude et la satisfaction des demandes ». Il ajoutera qu’un centre de formation de l’artisan de bijouterie, au chef-lieu de la commune, a été inscrit à l’indicatif de la wilaya, pour la formation des futurs artisans bijoutiers et la sauvegarde de cette art ancestral qui représente une source de revenus pour de nombreuses familles de la région. Il servira également de lieu d’approvisionnement et de commercialisation, car le principale soucis de l’artisan et d’écouler sa production et de vivre des fruits de son labeur. D’autres centres de formations ont également été inscrits à l’indicatif de la wilaya, à savoir, le centre de Djemâa N’Saharidj pour la vannerie, Ath Hichem pour le tapis et Mâatkas pour la poterie. Selon le  directeur du tourisme et de l’artisanat, la wilaya de Tizi-Ouzou compte plus de dix mille artisans, toutes activités confondues. Il ajoutera que sa direction a signé une convention avec la DEFP, pour faire bénéficier les artisans bijoutiers des formations et valider leurs savoir-faire. Selon le premier responsable du secteur du tourisme, le corail, qui se fait de plus en plus rare et cher sur le marché algérien, est au centre d’un grand trafic. « Le corail de bonne qualité est exporté en Tunisie et en Italie et celui de moindre qualité inonde le marche algérien ! J’irai encore plus loin, preuve à l’appui. Des bijoux ‘’cancérigènes’’ sont importés de Chine et sont écoulés sur le marché algérien, et ce sans le moindre contrôle. Nous tenons à dénoncer cet état de fait qui met en danger et les consommateurs et l’économie nationale… » Pour sa part, le P/APW a quant à lui réitéré le soutien de l’APW à l’activité dans tous les domaines, notamment la promotion et la commercialisation du bijou ancestral des Ath Yenni. Il dira : « il y a un objectif que nous ne cesserons de défende, celui d’un label du bijou ‘’Made in Ath Yenni’’ ». Le P/APW s’engagera ensuite, publiquement, à accorder tous les moyens nécessaires à la commune, « afin qu’elle puisse  réussir toute les prochaines éditions… ». Les artisans bijoutiers que nous avons approchés, à l’occasion de cette manifestation, furent unanimes à dire que la cherté des bijoux exposés incombait à la rareté et à la cherté des matières premières, à savoir l’argent et le corail. Ils affirment néanmoins ne jamais s’avouer vaincus face aux difficultés, car cet art est un héritage ancestral, une partie intégrante de leur identité. 

Karima Talis

Quitter la version mobile