La Dépêche de Kabylie

Le maire d’Argenteuil, le jour où il baptisait une rue au nom du rebelle – «Matoub est un étendard des libertés»

Le soleil était au grand rendrez vous ce samedi là. On était le 1er juin. C’était le jour de la cérémonie d’un hommage prévu à feu Matoub Lounès. En effet, la municipalité d’Argenteuil, en région parisienne, devait baptiser à l’occasion une rue de la ville au nom du rebelle. De nombreuses personnes ont répondu à l’invitation de l’association franco berbère de cette localité pour participer à cette reconnaissance du combat du chantre de la culture berbère. Après avoir souligné le travail de la Maison Berbère de la ville, Monsieur Philippe Doucet, Député-Maire d’Argenteuil a affirmé : « ce geste est un respect pour le combat politique mené par Matoub Lounès au risque de sa vie. Plus qu’un chanteur, Matoub est un étendard des libertés démocratiques ». Cette cérémonie était aussi dédiée à Jean Ferrat, chanteur français de grande notoriété qui s’est également vu attribuer une rue à Argenteuil. Dans son allocution le Député-Maire a alors ajouté : « il est pour nous évident d’inscrire dans la mémoire de notre ville le nom de ces hommes qui se sont sacrifiés pour la liberté. Ces deux artistes qui se côtoieront à Argenteuil sont le symbole de l’union de deux cultures présentes dans notre cité pour la défense des idéaux progressistes, de la tolérance qu’incarnent le vivre ensemble dans notre ville. » Pour sa part Malika Matoub, la sœur du chanteur et présidente de la Fondation Matoub, a salué la démarche de la municipalité en soulignant : « par cette nouvelle consécration de Lounès pour son combat nous pouvons voir la réhabilitation de notre identité. C’est là un hommage à un militant qui aujourd’hui dépasse les frontières de son propre pays. » L’événement de ce jour là a augmenté le nombre de lieux en France dédiés à Matoub Lounès : plus d’une dizaine de villes ont déjà honoré l’artiste. La cérémonie a été marquée par l’interprétation de chansons des deux artistes honorés. Par la suite, les militants, associations, artistes et les journalistes présents étaient conviés à partager le verre de l’amitié.

Tahar Yami

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