Les habitants de la localité de Mellala, relevant de la municipalité de Oued Ghir, viennent designer une pétition d’opposition à l’implantation de pas moins de trois coopératives immobilières privées, au niveau de leur village.
Selon Salah Tatar, membre du collectif des associations de Mellala, quelques 3000 logements sont prévus dans la localité avec des immeubles de grande hauteur, «menaçant de défigurer le beau paysage de ce village historique et de le transformer en cité dortoir», «nous sommes radicalement opposés à la réalisation de ces coopératives immobilières qui prévoient des immeubles à six étages et plus. Il est inadmissible d’envisager la défiguration de notre village pour le seul profit de ces promoteurs», indique-t-on dans le texte de la pétition dont des copies ont été transmises au wali et au P/APW de Béjaïa. Plusieurs arguments ont été avancés par le mouvement associatif local pour s’opposer à ces projets de promotions immobilières privées. Il s’agit, principalement, de garder le caractère architectural campagnard et historique de la localité de Mellala : «La volonté d’urbaniser notre localité par la construction d’immeubles à grande hauteur est en contradiction avec la conviction profonde de la majorité des habitants de Mellala qui veut que leur localité garde son panorama de campagne», a-t-on soutenu. Par ailleurs, l’on craint également la dégradation des réseaux divers de viabilisation de la localité lors de la construction de ces projets. «Cette urbanisation excessive de notre village aura pour effet immédiat l’agrandissement de nombreuses voies, l’aménagement de carrefours et le déclassement de certaines zones boisées ou protégées pour faciliter le passage de camions à grand tonnage et l’afflux de circulation générée par une nouvelle population. Cela provoquera des problèmes de stationnement, d’eau, d’électricité et de scolarité de nos enfants. En un mot, nous ne jouirons plus d’un cadre de vie paisible», a-t-on encore souligné pour dire non à l’implantation de ces bâtiments. L’autre argument cité par ces riverains est lié à leur sécurité. En effet, ces contestataires ont soulevé dans leur pétition un «risque d’éboulement qui sera causé par les travaux des engins, ce qui mettra en danger la vie des citoyens, habitant les maisons rurales environnantes». A hauteur d’Ibachirene, dans la même localité un promoteur privé prévoit, selon Kamel, membre de l’association de ce village, la réalisation de quelques 160 logements. Notre interlocuteur met en avant un argument d’ordre écologique pour étayer l’opposition de la population locale à ce projet : «Le rejet des eaux usées de ces logements se fera par des fosses sceptiques vers la rivière qui serpente des habitations et des terres agricoles de notre localité. Nous serons empoisonnés par des odeurs nauséabondes. Comment construire autant de logements sans prévoir des équipements d’accompagnement, tel que des parkings de stationnement, des établissements scolaires et autres édifices d’utilité publique!», s’est-il indigné. Notons par ailleurs, que le maire de Oued Ghir a été saisi par ce mouvement associatif pour refuser d’octroyer des permis de construction à ces promoteurs immobiliers privés. «Aujourd’hui, un promoteur a déposé un dossier au niveau des services de l’APC de Oued Ghir pour avoir un permis de construire. Nous avons interpellé le maire par écrit afin de ne pas lui accorder ce permis», nous ont informés les signataires de la pétition d’opposition.
Boualem Slimani

