Le village Aït Youcef Ouali, en collaboration avec l’APC d’Imsouhal, a commémoré, avant-hier, le 57ème anniversaire du Congrès de la Soummam. Un riche programme a été concocté par les organisateurs, afin d’enraciner cet évènement majeur de l’histoire de l’Algérie chez la jeune génération.
Il a été procédé durant la matinée, à l’inauguration de la stèle portant les noms des 22 martyrs du village tombés au champ d’honneur et au dépôt d’une gerbe de fleurs à leur mémoire. Ensuite, une conférence, abordant du congrès de la Soummam, a été animée par Kacimi Zine Eddine, docteur d’Etat et professeur d’histoire à l’université de Bouira. Avant d’entamer le débat avec les présents, le conférencier a résumé succinctement, quelques faits historiques qui ont marqué la région, notamment « l’éveil intellectuel pendant la période du mouvement national, citant, au passage, la Medersa du village d’Aït Youcef Ouali, fondée en 1947 et fermée en 1956 par l’armée coloniale à cause de son rôle dans l’éveil intellectuel et la prise de conscience des populations « indigènes » pour le recouvrement de leur culture et leur dignité ». L’orateur n’a pas oublié de mentionner, devant l’assistance venue nombreuse, que « quatre institutrices ont été formées dans l’école de ce village, dont 02 d’entre elles avaient même enseigné pendant la guerre, dans des villages environnants. Abordant le sujet du jour, le conférencier, qui a voulu apporter un regard critique à l’encontre de ceux qui disent que le congrès de la Soummam a divisé la société dira : « Au contraire, le congrès a unifié les rangs des algériens. Il a solidifié leur combat contre le colonisateur». Dans la foulée, M. Kacimi a comparé le projet imposé par le colonisateur, à savoir « l’expropriation, la division, la torture, au contrat de société adopté par les congressistes d’Ifri Ouzlaguène qui est un projet civilisationnel ». Le professeur apprendra à l’assistance que pendant le déroulement du congrès, Krim avait proposé la réorganisation des 5 zones existantes en 06 willayas dont la 6ème sera crée au sud du pays. Mais certains congressistes avaient rejeté cette idée, au départ, évoquant le manque de financements, d’armements et d’hommes ». « Krim Belkacem leur avait donné des solutions pour l’aboutissement de la création de la willaya VI historique en évoquant les exploits de l’opération oiseau bleu », a expliqué le docteur. Le dernier volet abordé par l’orateur est le rôle joué par les « Wakf » durant la guerre dans différents domaines, notamment la conservation des archives de l’histoire et les enregistrements de l’état civile. Le conférencier a parlé également du rôle joué par les sages et les oulémas de l’époque dans le règlement des conflits sociaux pour éviter toute forme de division, réformer et faire évoluer les mentalités du peuple dans la willaya ». Deux autres conférences ont été animées dans l’après-midi. La première, traitant de l’histoire du village d’Aït Youcef Ouali, a été animée par le Dr Si Youcef Mohamed. La seconde, quant à elle, présentée par Si Bachir Md Tayeb, aborde du rôle de l’école coranique du village. Les activités sportives organisées à l’occasion sont un cross, une exhibition de vo-vietnam. Il est à signaler la présence de Ahmed Khodja Arab, premier pilote algérien, Akli Ahmed, fils du colonel Mohand Oulhadj (tous deux anciens élèves de l’école d’Aït Youcef Ouali), des écrivains, le maire d’Imsouhal et d’autres anonymes.
Madjid Aberdache

