Les déboires des assurés sociaux

Pour ceux qui connaissent le chef-lieu de Béni Douala, ils savent parfaitement que l’ex-siège de la Casoral est en ruine depuis les événements du Printemps noir. De ce fait, les prestations sont assurées au niveau des locaux situés au rez-de-chaussée du siège de la daïra. Des locaux affectés à cet effet pour parer à la conjoncture d’autrefois. C’était une solution provisoire qui perdure malheureusement encore et toujours dans le temps. Mais là, c’est une autre histoire. Cela étant dit, et concernant justement les prestations de cette Caisse nationale des assurances sociales (CNAS) au niveau de cette localité, très nombreux sont les assurés sociaux qui se sont rapprochés de nous ces derniers temps pour se plaindre de l’accueil «arrogant» qui leur est réservé par certains fonctionnaires de cette agence, notamment ceux qui sont en contact permanent avec les usagers, lorsque ces derniers se rendent en ces lieux pour procéder au remboursement des frais médicaux. Et cela en plus des lenteurs observées dans le traitement des documents déposés par les assurés sociaux. Ainsi, et malgré les nouvelles formules introduites pour éviter les remboursements de complaisance, et en dépit de toutes les mesures prises pour, soi-disant, améliorer les prestations de service, avec notamment le nouveau mode de remboursement imposé, nous dit-on, par Algérie Poste depuis le 25 mai 2005, qui s’effectue désormais soit par virement bancaire, soit par CCP ou à défaut par mandat, force est de constater que l’assuré social doit attendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, bureaucratie oblige, pour que son dû lui soit enfin remboursé. «C’est un problème de manque d’argent» pensent certains usagers que nous avons apostrophés, mais d’autres interlocuteurs sont plutôt catégoriques en affirmant que «l’ordre de dépôt n’est pas du tout respecté» et d’ajouter avec indignation qu’il «existe des passe-droits et autres privilégiés» avant d’enchaîner plus loin «sinon comment expliquer qu’un assuré doit attendre plus d’un mois avant d’être remboursé alors que pour d’autres le virement s’effectue en un temps record », et « que l’on ne nous pousse pas à rentrer dans les détails » fulmine un vieillard d’un ton menaçant. Aussi, et pour boucler la boucle, une autre note de service, non datée celle-là, est affichée dans le hall de cette agence et dans laquelle il est fait désormais obligation à l’assuré social d’apposer sur ses ordonnances les vignettes des médicaments avec la partie (souche) sur laquelle sont indiqués le numéro de lot, ainsi que les dates de fabrication et de péremption et ce, dans le cadre de la lutte contre la fraude, lit-on sur cette même affiche. Et si par malheur, un usager présente sa feuille de maladie sans cette « fameuse » souche, inutile qu’il insiste, ses médicaments ne seront jamais remboursés et l’ordonnance « incriminée » est rejetée en bloc. C’est du moins ce que nous affirment certains intervenants. En somme, les responsables qui sont derrière cette « invention » ont-ils songé de laisser le temps à tous ces vieillards, ces vieilles et tous ces analphabètes pour se mettre au diapason de cette mesure draconienne qui pénalise la quasi-majorité des assurés sociaux ? Combien sont-ils à n’avoir pas pu accéder aux remboursements de leurs frais médicaux (souvent des sommes importantes) à cause de ce motif insensé qui est appliqué à la lettre par les fonctionnaires de cette agence sans que l’information ne soit largement diffusée dans le temps et dans l’espace ? « C’est un véritable piège » nous dit notre interlocuteur, et d’ajouter « C’est une surprise de très mauvais goût, et il aurait été plus sage d’épargner dans un premier temps les assurés sociaux de se heurter à cette absurdité ». Une chose est sûre, les responsables de cette « ingénieuse trouvaille » rament à contre-courant de la réalité quotidienne de l’Algérie profonde car si par malchance, un usager doit inévitablement se rendre à cette CNAS de Béni Douala pour un quelconque service, il faudrait qu’il soit doté d’un mental d’acier et de beaucoup de patience car il y passera au moins une demi-journée à attendre son tour et Dieu seul sait s’il finira par être servi ou non… A bon entendeur !!

M. K.